IIIe Reich Coupures de journaux de l'Oberleutnant Otto Müller, Oberleutnant de la Schutzpolizei Hamburg,
Les documents présentés constituent un témoignage significatif des coutumes institutionnelles de la Schutzpolizei (Police de Protection) pendant l'époque du Troisième Reich. Il s'agit d'une lettre du Commandement de la Schutzpolizei de Hambourg datée du 3 juin 1935, adressée au Capitaine Emden, ainsi que de coupures de presse et d'une photographie de portrait du défunt Lieutenant Otto Müller, qui servait comme officier dans la Police de Protection de Hambourg.
La Schutzpolizei formait un élément essentiel de l'appareil policier de l'État dans l'Allemagne nationale-socialiste. Après la prise de pouvoir en 1933, la police allemande fut progressivement centralisée et placée sous le contrôle de la SS et du Reichsführer SS Heinrich Himmler. La Schutzpolizei était responsable du service en uniforme dans les villes, se distinguant ainsi de la Police criminelle et de la Police secrète d'État (Gestapo).
L'année 1935 marqua une phase importante dans la transformation du système policier allemand. Durant cette année, les fondements juridiques de la militarisation et de la nazification croissantes de la police furent établis. Les officiers de police portaient des grades militaires et étaient organisés selon un modèle militaire. Le grade de Lieutenant correspondait au corps des officiers intermédiaires et comportait des responsabilités considérables.
Il est particulièrement remarquable que le Lieutenant Müller ait reçu des funérailles d'État à Hambourg. De tels honneurs étaient délibérément employés dans le Troisième Reich pour souligner l'importance des institutions étatiques et démontrer publiquement le lien entre le parti, l'État et ses serviteurs. Les funérailles d'État pour les officiers de police n'étaient pas courantes et suggéraient des mérites particuliers ou des circonstances de décès spéciales, possiblement en service ou dans des conditions particulières.
La correspondance entre différents départements, telle que documentée ici entre le Commandement de la Schutzpolizei et le Capitaine Emden, révèle les structures bureaucratiques de l'administration nationale-socialiste. La collecte soigneuse et la transmission de coupures de presse concernant le décès d'un officier démontrent l'importance accordée à la documentation et à l'archivage. Ces nécrologies et rapports de presse servaient non seulement au souvenir, mais aussi à la propagande et à la représentation publique de la police comme institution honorable.
La photographie de portrait jointe, au format de 5,4 x 7,5 cm, correspond aux formats standards alors habituels pour les documents officiels du personnel. Ces photographies faisaient partie intégrante des dossiers personnels et étaient utilisées à diverses fins administratives. À l'époque du Troisième Reich, les photos de portrait des fonctionnaires tombés ou décédés faisaient fréquemment partie de publications commémoratives ou étaient exposées dans les locaux de leurs départements.
La Schutzpolizei de Hambourg, en tant qu'organisation dans l'une des plus grandes villes d'Allemagne, jouait un rôle important. Hambourg n'était pas seulement un centre économique significatif, mais aussi un port stratégiquement important. Les forces de police de la ville étaient donc particulièrement nombreuses, et leurs officiers jouissaient d'un prestige correspondant.
Les documents tels que ceux-ci ont aujourd'hui une valeur historique considérable. Ils fournissent des aperçus sur la réalité quotidienne de l'administration nationale-socialiste, les structures hiérarchiques de la police et la culture de l'honneur et du souvenir dans le Troisième Reich. Pour la recherche historique, de tels processus administratifs apparemment routiniers sont souvent plus révélateurs que les grands documents politiques, car ils documentent le fonctionnement réel du système.
La recherche sur les structures policières dans le national-socialisme a gagné en importance significative au cours des dernières décennies. Pendant longtemps, le rôle de la Police de l'Ordre, à laquelle appartenait la Schutzpolizei, dans l'appareil de répression et d'extermination national-socialiste a été sous-estimé. Aujourd'hui, nous savons que des bataillons de police ont participé à des fusillades de masse et à d'autres crimes de guerre, particulièrement dans les territoires occupés de l'Est.
De tels documents soulèvent également des questions sur les biographies individuelles. Qui était Otto Müller ? Quel rôle jouait-il au sein de la police de Hambourg ? Dans quelles circonstances est-il décédé ? Ces questions ne peuvent souvent être répondues que par des recherches archivistiques approfondies incluant les dossiers personnels, les archives de journaux et d'autres sources contemporaines.
En résumé, cette collection de documents ouvre une petite mais significative fenêtre sur l'histoire de la police allemande pendant la domination nationale-socialiste et illustre de manière exemplaire les pratiques bureaucratiques et cérémonielles de cette époque.