Troisième Reich - Bernhard Köhler - Directeur de la Commission pour la Politique Économique du NSDAP - Carte de Vœux du Nouvel An
Cette carte de vœux pour la nouvelle année, datée du 30 décembre 1938 et émise à Munich, provient de Bernhard Köhler, qui était chef de la Commission de politique économique du NSDAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands) et jouait un rôle important dans l'orientation de la politique économique du régime nazi. De tels documents offrent un aperçu fascinant de la culture administrative et des pratiques de réseautage des fonctionnaires NS pendant la période d'avant-guerre.
Bernhard Köhler appartenait au cercle élargi des fonctionnaires du NSDAP qui s'occupaient des questions de politique économique. La Commission de politique économique faisait partie du complexe appareil du parti qui existait parallèlement à l'administration d'État et entrait souvent en concurrence avec elle. Munich, désignée comme la “Capitale du Mouvement”, était le centre symbolique et administratif du NSDAP et abritait de nombreux bureaux et institutions du parti.
L'année 1938 marqua un tournant dans l'histoire du Troisième Reich. Ce fut l'année de l'Anschluss de l'Autriche en mars, de la crise des Sudètes à l'automne et des Accords de Munich en septembre. En novembre 1938 eurent lieu les pogroms de novembre, représentant un point d'escalade dramatique dans la persécution de la population juive. La politique économique de cette période était de plus en plus orientée vers la préparation à la guerre, avec le Plan de quatre ans sous Hermann Göring servant d'instrument de contrôle central.
Les cartes de vœux et les lettres de félicitations des fonctionnaires NS étaient des instruments courants pour maintenir les relations au sein de l'appareil du parti et avec les partenaires commerciaux importants. L'utilisation de signatures en fac-similé était répandue parmi les fonctionnaires de haut rang, car le grand nombre de documents à envoyer rendait les signatures personnelles impraticables. Cela suggère que de telles cartes étaient produites en grandes quantités et envoyées à un cercle étendu de destinataires.
La Commission de politique économique du NSDAP s'occupait de l'orientation idéologique des questions économiques et de la coordination entre le parti et l'économie. Elle faisait partie des efforts visant à restructurer l'économie allemande conformément à l'idéologie nationale-socialiste et à l'aligner sur les objectifs autarciques du régime. L'économie de défense (Wehrwirtschaft), l'intégration de l'économie dans la planification militaire, fut intensifiée pendant cette période.
Munich comme lieu d'émission de la carte souligne l'importance centrale de la ville pour le NSDAP. Elle abritait la Maison Brune, le quartier général du parti, ainsi que de nombreuses autres institutions importantes du mouvement. La ville fut le site de la tentative de putsch manquée de 1923 et devint plus tard un lieu de pèlerinage pour les membres du parti.
La perforation du document indique qu'il était conservé dans un classeur ou une collection, ce qui était typique pour les documents administratifs et la correspondance de cette époque. L'état décrit comme “légèrement usagé” est remarquable pour un document papier de plus de 80 ans et indique une conservation soigneuse.
Ces éphémères de la période NS sont des sources historiques importantes pour la recherche sur la culture quotidienne et les pratiques administratives du régime. Ils documentent les routines et les rituels de l'exercice du pouvoir et du maintien des relations au sein du système. Pour les collectionneurs et les historiens, ils fournissent des aperçus sur le fonctionnement de l'État NS au-delà des grands événements politiques.
Le travail de politique économique du NSDAP pendant cette période se concentrait sur plusieurs domaines clés : la préparation de l'économie à la guerre, l'éviction des entrepreneurs juifs et la coordination des associations économiques. L'aryanisation de la propriété juive atteignit un nouveau sommet en 1938 après les pogroms de novembre et devint un instrument central de la politique économique du régime.
Aujourd'hui, de tels documents servent de mémoriaux et d'objets d'étude, nous rappelant les mécanismes de la domination totalitaire et soulignant l'importance des valeurs démocratiques.