Photographie Kriegsmarine, Sous-marin de poche Type “Seehund” (XXVII B)
Le sous-marin de poche Type "Seehund“ (Type XXVII B)
L'objet photographié documente l'un des projets d'armement les plus remarquables et désespérés de la Kriegsmarine allemande pendant la Seconde Guerre mondiale : le sous-marin de poche de type "Seehund“ (Phoque), officiellement classé comme Type XXVII B. Cette photographie d'époque offre un aperçu authentique du développement des armes sous-marines miniatures allemandes durant les dernières années de la guerre.
Le développement du Seehund débuta à l'été 1944, lorsque la Kriegsmarine, après l'échec largement constaté des premiers sous-marins de poche comme le Type Molch et le Type Biber, recherchait une solution plus fiable. Sous la direction du Capitaine de corvette Hans Bartels et construit par les chantiers Germaniawerft à Kiel, le Seehund devait remédier aux défauts de ses prédécesseurs et constituer une arme efficace contre la navigation alliée dans les eaux côtières.
Avec une longueur de 11,90 mètres, une largeur de 1,70 mètre et un déplacement en plongée d'environ 15 tonnes, le Seehund était le plus grand des sous-marins de poche allemands. Contrairement à ses prédécesseurs, il disposait d'un équipage de deux hommes : un commandant et un timonier/mécanicien. Cette composition d'équipage s'avéra être un avantage décisif par rapport aux embarcations monoplaces, permettant des missions plus longues et une meilleure répartition des tâches.
L'armement consistait en deux torpilles G7e fixées extérieurement sur les côtés de la coque. La propulsion en surface était assurée par un moteur diesel Büssing de 60 ch, et en plongée par un moteur électrique AEG de 25 ch. Cette combinaison permettait une autonomie en surface d'environ 500 milles nautiques à 7 nœuds et une autonomie en plongée de 63 milles nautiques à 3 nœuds. La profondeur de plongée maximale était de 50 mètres.
La production en série du Seehund commença en octobre 1944 dans plusieurs chantiers navals, dont Germaniawerft Kiel, Klöckner-Humboldt-Deutz à Ulm et Schichau-Werke à Elbing. Jusqu'à la fin de la guerre, un total de 285 unités fut achevé, dont environ 138 furent effectivement déployées. Cela fit du Seehund le sous-marin de poche allemand le plus produit de la Seconde Guerre mondiale.
Les déploiements opérationnels débutèrent en janvier 1945 depuis des bases à Ijmuiden (Hollande). Les équipages des Seehund appartenaient au K-Verband (Unité de combat miniature de la Kriegsmarine) sous le commandement du Vice-amiral Helmuth Heye. Les principales zones d'opération se situaient dans l'estuaire de la Tamise, au large de l'Escaut et plus tard également le long de la côte normande.
Malgré leurs améliorations techniques, les opérations restaient extrêmement dangereuses. Sur environ 142 patrouilles de combat effectuées, 35 bateaux ne revinrent pas. Cependant, le taux de pertes était nettement inférieur à celui des types Biber et Molch antérieurs. Les Seehund coulèrent plusieurs navires marchands et en endommagèrent d'autres selon les sources allemandes, bien que les chiffres exacts des pertes soient difficiles à vérifier en raison de la situation de guerre.
Les équipages étaient principalement de jeunes officiers et sous-officiers volontaires ayant suivi une formation spéciale à l'école du K-Verband à Plön et plus tard à Neustadt. Les opérations exigeaient un courage et une endurance extraordinaires, car les hommes devaient opérer dans des conditions primitives dans un espace très confiné pendant jusqu'à 60 heures.
La présente photographie documente probablement un Seehund pendant sa phase d'entraînement ou d'essai, possiblement dans l'un des ports de chantier naval ou des bases d'entraînement. De telles photographies contemporaines constituent aujourd'hui d'importantes sources historiques, car elles capturent authentiquement les conditions réelles et l'apparence de ces embarcations.
Après la guerre, les Seehund restants furent saisis par les Alliés. Certains furent transportés en Union soviétique, en Grande-Bretagne, en France et aux États-Unis à des fins d'essai. La marine française continua d'utiliser certains Seehund capturés à des fins d'entraînement jusque dans les années 1950. Aujourd'hui, seuls quelques exemplaires subsistent dans des musées, notamment au Deutsches Museum à Munich et au Royal Navy Submarine Museum à Gosport, en Angleterre.
La signification historique du Seehund réside moins dans son efficacité militaire que dans son rôle de témoignage des efforts désespérés allemands dans la phase finale de la Seconde Guerre mondiale. Il représente le progrès technologique dans la construction de sous-marins de poche, mais ne put plus influencer le cours de la guerre.