Saxe-Cobourg-Gotha Plaquette commémorative Meissen pour les anciens membres du 6e Régiment d'Infanterie de Thuringe No. 95

Gotha, vers 1925. Plaquette Meissen en grès Böttger, 50 mm. Avers : Portrait du duc Ernst II avec inscription “Verein ehemaliger 95er” (Association des anciens du 95e). Revers : Représentation du mémorial régimentaire avec inscription “Deutsch sein heisst treu sein” (Être allemand signifie être fidèle). État 2+.
487015
85,00

Saxe-Cobourg-Gotha Plaquette commémorative Meissen pour les anciens membres du 6e Régiment d'Infanterie de Thuringe No. 95

La plaquette commémorative de Meissen pour les anciens membres du 6e Régiment d'Infanterie Thuringien No. 95 représente un chapitre fascinant de l'histoire militaire allemande et de la culture des anciens combattants pendant la République de Weimar. Créée vers 1925, cette plaquette en grès de Böttger combine l'artisanat traditionnel avec la culture commémorative militaire.

Le 6e Régiment d'Infanterie Thuringien No. 95 était une unité importante de l'armée prussienne, étroitement liée au duché de Saxe-Cobourg et Gotha. Le régiment fut établi dans le cadre des réformes militaires après 1860 et était en garnison à Gotha. La Maison de Saxe-Cobourg et Gotha servait de propriétaire du régiment, soulignant le lien dynastique entre la maison princière thuringienne et l'unité militaire.

Le duc Ernest II de Saxe-Cobourg et Gotha (1818-1893), dont le portrait apparaît sur l'avers de la plaquette, était une figure marquante du XIXe siècle. En tant que souverain progressiste et partisan convaincu de l'unification allemande, il joua un rôle important dans l'histoire allemande. Sa représentation sur la plaquette des anciens combattants honore son lien avec le régiment et symbolise la tradition monarchique-militaire de l'Empire allemand.

L'utilisation du grès de Böttger de Meissen pour cette plaquette est remarquable. Johann Friedrich Böttger avait inventé la porcelaine dure européenne à Meissen au début du XVIIIe siècle, et le grès de cette manufacture jouissait de la plus haute réputation. Le choix de ce matériau pour une plaquette d'anciens combattants dans les années 1920 souligne la prétention à la qualité et à la permanence que les anciens membres du régiment associaient à leur culture commémorative.

L'“Association des Anciens 95e” (Verein ehemaliger 95er), dont le nom apparaît sur l'avers, était typique des nombreuses associations d'anciens combattants qui existaient en Allemagne après la Première Guerre mondiale. Ces associations servaient non seulement à maintenir la camaraderie, mais aussi à préserver les traditions militaires pendant une période de profonds bouleversements sociaux. Après la dissolution de l'armée impériale par le Traité de Versailles en 1919, ces associations d'anciens combattants devinrent d'importants porteurs de la culture commémorative militaire.

Le revers de la plaquette montre le mémorial du régiment avec l'inscription “Être allemand signifie être loyal” (Deutsch sein heißt treu sein). Cette devise, attribuée à Richard Wagner, était répandue dans la culture militaire allemande et était censée incarner la loyauté, le devoir et le sentiment national. La représentation du mémorial fait référence aux soldats tombés pendant la Première Guerre mondiale, auxquels de nombreux régiments érigèrent des monuments dans les années 1920.

Le Régiment No. 95 participa à la Première Guerre mondiale de 1914 à 1918 et subit des pertes considérables. Comme beaucoup de régiments d'infanterie allemands, il fut déployé sur divers fronts, particulièrement sur le front occidental. La mémoire des camarades tombés et les expériences de guerre partagées formaient le cœur des associations d'anciens combattants de l'après-guerre.

La date de création de la plaquette, vers 1925, se situe pendant la phase moyenne de la République de Weimar, une période de stabilisation relative après les années de crise du début des années 1920. Pendant cette période, de nombreux mémoriaux de guerre et objets commémoratifs furent créés. Les associations d'anciens combattants organisaient des réunions régulières, des cérémonies commémoratives et entretenaient la mémoire de leurs régiments.

De telles plaquettes étaient typiquement distribuées lors des réunions régimentaires ou pouvaient être achetées par les membres de l'association. Elles servaient de signes de reconnaissance entre anciens camarades et de souvenirs personnels. Avec un diamètre de 50 mm, la plaquette avait une taille pratique et pouvait être conservée dans des vitrines ou des albums de collection spéciaux.

L'exécution artistique en grès de Meissen distingue cette plaquette des simples estampages métalliques. Elle documente l'aspiration de l'association régimentaire à créer un mémorial digne et durable. La qualité du matériau devait symboliser la permanence de la mémoire et des liens camarades.

Aujourd'hui, de telles plaquettes d'anciens combattants sont d'importantes sources historiques militaires. Elles donnent un aperçu de la culture commémorative de l'entre-deux-guerres et documentent la continuation des traditions militaires après la fin de l'Empire allemand. Pour les collectionneurs et les historiens, elles sont de précieux témoins d'une époque révolue de l'histoire militaire allemande.