Wehrmacht 2 bottes pour hommes de troupe, dites “Knobelbecher”
Ces bottes de marche de la Wehrmacht, familièrement appelées “Knobelbecher” (littéralement “gobelets à dés”), représentent l'un des équipements les plus caractéristiques des forces armées allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce surnom, issu de l'argot militaire, fait référence à la forme distinctive de ces bottes qui rappelait un cornet à dés renversé.
L'histoire du développement de ce modèle de bottes remonte à l'ère impériale. Déjà pendant la Première Guerre mondiale, les soldats allemands portaient de hautes bottes en cuir qui s'étaient révélées pratiques pour la guerre de tranchées. Sous la République de Weimar et particulièrement après 1933, l'équipement de la Wehrmacht nouvellement constituée fut systématiquement standardisé. Le Heeresdienstvorschrift (règlement de service de l'armée) spécifiait avec précision l'apparence de l'uniforme et de l'équipement des troupes.
Ces bottes de marche pour soldats étaient fabriquées en cuir de bovin robuste et noirci. La longueur de semelle d'environ 27,4 cm correspond approximativement à la pointure 42-43 (taille européenne), une taille courante. La hauteur de botte d'environ 31 cm était caractéristique de la version standard, atteignant juste en dessous du genou. Cette hauteur offrait une protection contre l'humidité, la saleté et le froid, et permettait de porter le pantalon rentré dans les bottes comme le prescrivaient les règlements.
La construction des bottes suivait des traditions artisanales éprouvées. Les semelles étaient clouées, une technique offrant plusieurs avantages : elle était robuste, permettait des réparations sur le terrain et offrait une adhérence supplémentaire sur différentes surfaces grâce aux clous en fer. La rangée caractéristique de clous le long du bord de la semelle et les fers de talon créaient le son de marche distinctif des troupes allemandes, décrit à l'époque comme le “rythme des bottes”.
La production de ces bottes représentait un défi logistique tout au long de la guerre. Des millions de paires devaient être fabriquées, nécessitant des quantités considérables de cuir, de clous et d'autres matériaux. Avec la progression de la guerre et l'augmentation des pénuries de matières premières, la qualité des bottes se détériorait. Des matériaux de substitution furent employés, et à partir de 1943, des bottes à lacets furent de plus en plus introduites car plus économiques à produire.
Le fait que ces bottes ne forment pas une paire assortie est typique des exemplaires conservés. Pendant les opérations militaires, les retraites ou lors de la dissolution des dépôts après la fin de la guerre, les paires assorties étaient fréquemment séparées. De plus, les bottes étaient souvent assemblées selon les besoins lorsqu'une botte devenait irréparable.
L'entretien des bottes était un devoir quotidien pour les soldats. Les règlements exigeaient un nettoyage, un graissage et un cirage réguliers. Le cirage noir ou la graisse pour cuir maintenaient le cuir souple et imperméable. L'inspection des bottes faisait partie des contrôles quotidiens.
Dans la réalité du front, ces hautes bottes de marche se révélaient être une arme à double tranchant. Alors qu'elles offraient une bonne protection dans des conditions modérées, elles devenaient problématiques dans des circonstances extrêmes. Sur le Front de l'Est, la combinaison de bottes hautes et de froid extrême causait fréquemment des engelures, car l'ajustement serré entravait la circulation sanguine. Les bottes lourdes et rigides étaient également pénibles lors de longues marches.
Après 1945, ces bottes ne disparurent pas immédiatement. Au début de l'après-guerre, elles furent réutilisées par diverses organisations, reteintes ou modifiées. L'Armée nationale populaire (NVA) de l'Allemagne de l'Est employa initialement des bottes similaires avant que des modèles plus modernes n'y soient également introduits.
D'un point de vue historique et muséologique, ces bottes de marche constituent aujourd'hui d'importants documents d'époque. Elles illustrent la réalité quotidienne des soldats allemands et les aspects matériels de la guerre. L'état indiqué de niveau 3 suggère des signes d'usure significatifs, ce qui souligne l'authenticité historique. De tels objets servent dans les musées et collections à la documentation factuelle et à l'éducation historique, détachés de toute glorification.