Brassard NSV/DAF “Werkfrauengruppe”

Version tissée Bevo à fils métalliques, inscription argentée sur fond bleu foncé, avec bandes latérales bleu moyen. Longueur totale 39 cm avec extrémités ourlées, état 2.
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300,00

Brassard NSV/DAF “Werkfrauengruppe”

Le brassard NSV/DAF “Werkfrauengruppe” (Groupe de Femmes d'Usine) représente un témoignage remarquable de la structure organisationnelle nationale-socialiste qui a imprégné le monde du travail et la vie sociale pendant le Troisième Reich. Cette insigne textile relie deux organisations centrales : la Nationalsozialistische Volkswohlfahrt (NSV) (Aide sociale nationale-socialiste) et la Deutsche Arbeitsfront (DAF) (Front du Travail allemand).

La NSV a été fondée en 1933 et s'est développée pour devenir la plus grande organisation de masse dans l'Allemagne nationale-socialiste après le NSDAP lui-même. Avec plus de 17 millions de membres en 1943, elle a assumé de nombreuses responsabilités sociales et d'assistance. La DAF a été créée après la destruction des syndicats libres le 2 mai 1933 et a réuni travailleurs et employeurs dans une organisation obligatoire comptant jusqu'à 25 millions de membres.

Les Werkfrauengruppen (Groupes de Femmes d'Usine) formaient une structure organisationnelle spéciale au sein de ces cadres. Ils visaient à encadrer idéologiquement et à prendre en charge les femmes employées dans les usines et les installations industrielles. Particulièrement pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque des millions d'hommes ont été mobilisés pour le service militaire, la main-d'œuvre féminine est devenue extrêmement importante pour la production d'armements et le maintien de l'économie.

Ce brassard a été fabriqué selon la technique de haute qualité BeVo. L'entreprise BeVo (Barmer Bandwirk- und Weberei) à Wuppertal-Barmen était leader dans la production d'insignes et de brassards tissés. La technique BeVo se caractérisait par le tissage de fils métalliques, ce qui permettait de créer des insignes particulièrement durables et représentatifs. Les lettres argentées sur fond bleu foncé avec des bandes latérales bleu moyen suivaient les conventions de couleur de la NSV et de la DAF.

Les brassards de ce type servaient plusieurs objectifs : ils identifiaient le porteur comme membre d'une organisation spécifique, créaient un sentiment d'appartenance et de hiérarchie, et étaient simultanément des signes visibles d'intégration dans le système national-socialiste. Les Groupes de Femmes d'Usine organisaient à la fois l'aide sociale et la formation idéologique des travailleuses dans les usines.

La structure organisationnelle prévoyait que les grandes usines forment leurs propres Groupes de Femmes d'Usine pour répondre aux préoccupations spécifiques de la main-d'œuvre féminine. Cela comprenait l'assistance pratique telle que la garde d'enfants, la gestion de la cantine et les soins de santé, mais aussi la mise en œuvre de formations idéologiques et l'organisation d'événements communautaires conformément à l'idéologie NS.

Pendant la guerre, l'importance de ces organisations a augmenté. Le nombre de femmes employées a considérablement augmenté, et les Groupes de Femmes d'Usine devaient aider à maintenir les performances au travail tout en renforçant la “Volksgemeinschaft” (communauté du peuple). Ils s'occupaient des victimes de bombardements, organisaient des campagnes de collecte et soutenaient les familles des participants à la guerre.

Le port de tels brassards était réglementé et nécessitait une fonction ou une adhésion appropriée. La fabrication suivait des spécifications précises concernant la couleur, la typographie et les dimensions, comme stipulé dans les règlements uniformes pertinents.

Après 1945, ces organisations ont été dissoutes par les Alliés et leurs symboles ont été interdits. Aujourd'hui, de tels brassards sont des documents historiques qui donnent un aperçu de la structure organisationnelle complète du régime NS et démontrent à quel point la pénétration idéologique atteignait même la vie professionnelle quotidienne. Ils documentent le rôle des femmes dans le monde du travail national-socialiste et la connexion entre l'aide sociale et l'endoctrinement politique.

De tels objets ne possèdent aujourd'hui qu'une valeur historico-documentaire exclusive et servent à l'étude académique de cette période de l'histoire allemande. Ils rappellent un système qui a instrumentalisé même des domaines apparemment apolitiques comme le travail social en usine pour ses propres fins.