Sabre d'Officier d'Infanterie/Jäger bavarois M 1836

Version à partir de 1848. Lame légèrement courbée, gravée à l'eau-forte des deux côtés, avec large gouttière, portant des deux côtés le monogramme couronné “M”, la lame avec léger jeu. Garde à arceau avec tête de lion en tombac clair, les quillons à décor floral, poignée en bois noir, cannelée et gaufrée en diagonale, présentant une légère fissure des deux côtés, plaque ovale pointue côté revers avec le monogramme royal “Couronne M” incrusté (Roi Maximilian II, 1848-1864). Fourreau en acier laqué noir avec garnitures en tombac et deux anneaux de suspension, la bouterolle légèrement bosselée. Bien conservé, état 2.

Longueur totale 98,5 cm.
354643
1.850,00

Sabre d'Officier d'Infanterie/Jäger bavarois M 1836

Le sabre d'officier d'infanterie et de chasseur bavarois modèle 1836 représente un chapitre important de l'histoire de l'équipement militaire bavarois. Cette arme blanche fut introduite pendant une période de réformes fondamentales et de modernisation de l'armée bavaroise et servit plusieurs générations d'officiers comme symbole de leur rang et de leur devoir militaire.

L'introduction du modèle 1836 eut lieu sous le règne du roi Louis Ier de Bavière (r. 1825-1848), qui mit en œuvre des réformes importantes dans le système militaire bavarois. Le modèle suivait une phase de standardisation de l'équipement militaire après les guerres napoléoniennes, lorsque les États allemands cherchaient à organiser leurs armées selon des principes modernes. Le sabre devait créer un armement uniforme pour les officiers d'infanterie et de chasseurs et répondait aux exigences tactiques de son époque.

Le spécimen présent montre la version à partir de 1848, qui fut utilisée sous le règne du roi Maximilien II (r. 1848-1864). Cela est clairement reconnaissable au monogramme royal couronné “M” présent à la fois sur la lame et sur la plaque de contre-garde de la poignée. Maximilien II monta sur le trône après l'abdication de son père Louis Ier pendant les troubles révolutionnaires de 1848. Son règne fut caractérisé par des efforts de modernisation et un conservatisme pragmatique.

La lame de ce sabre présente la courbure légère typique caractéristique des sabres d'officier d'infanterie de cette période. La gravure à l'eau-forte des deux côtés et la large gouttière servaient non seulement à des fins décoratives mais réduisaient également le poids de l'arme sans compromettre sa stabilité. Les gravures représentaient souvent des symboles patriotiques, des trophées militaires ou des monogrammes royaux, renforçant la signification symbolique du sabre comme arme de statut.

La garde à tête de lion en tombac est particulièrement remarquable. Le lion était un symbole traditionnel de la souveraineté bavaroise et apparaît dans les armoiries bavaroises. L'utilisation du tombac, un alliage de cuivre et de zinc, permettait une ornementation détaillée tout en maintenant la durabilité. Les languettes de garde décorées de motifs floraux montrent l'influence de l'historicisme, qui façonna la conception de l'équipement militaire au milieu du XIXe siècle.

La poignée en bois avec ses cannelures ou quadrillages diagonaux servait à une meilleure manipulation. Cette conception pratique permettait une prise sûre même dans des conditions de combat. La plaque ovale pointue avec le monogramme du côté de la contre-garde était typique des armes d'officier bavaroises et permettait une attribution claire au souverain respectif.

Le fourreau en acier avec des garnitures en tombac et deux anneaux de suspension correspond à la pratique militaire de l'époque. Les deux anneaux de suspension permettaient de porter le sabre au ceinturon dans la position prescrite. Le laquage noir protégeait l'acier de la corrosion et respectait les règlements d'uniforme de l'armée bavaroise.

Pendant le règne de Maximilien II, l'armée bavaroise connut des changements significatifs. La Révolution de 1848/49 avait montré que des réformes étaient nécessaires. L'armée bavaroise fut réorganisée et modernisée, bien que les éléments traditionnels tels que l'armement des officiers furent largement conservés. Le sabre restait un symbole de statut important, même si son importance pratique au combat déclinait déjà.

Le sabre M 1836 était porté par les officiers d'infanterie et de chasseurs. Les chasseurs étaient une infanterie légère déployée pour la reconnaissance, les escarmouches et les opérations spéciales. Ils jouissaient traditionnellement d'une haute estime dans l'armée bavaroise. L'utilisation du même modèle de sabre pour les deux armes reflète les efforts de standardisation de l'époque.

Ce modèle resta en usage jusqu'aux années 1860, lorsque de nouveaux modèles furent introduits sous le règne du roi Louis II. Les bouleversements politiques et militaires de cette décennie, en particulier la guerre austro-prussienne de 1866, conduisirent à d'autres réformes dans l'armée bavaroise. La Bavière combattit du côté autrichien contre la Prusse et dut, après la défaite, accepter des réformes qui affectèrent également l'armement.

La période du sabre M 1836 fut témoin de la transformation de la guerre. Alors que le sabre avait été une arme de combat essentielle dans les décennies précédentes, au milieu du siècle, il devenait principalement un symbole du statut d'officier. Le développement des armes à feu et l'évolution des tactiques réduisirent l'importance des armes blanches dans le combat réel, bien qu'elles conservent leur signification cérémonielle et symbolique.

L'artisanat évident dans ces sabres reflète les normes élevées de la fabrication d'armes du XIXe siècle. Les décorations gravées, le travail détaillé de la garde et l'équilibre général de l'arme démontrent la compétence des armuriers bavarois. Ces sabres étaient généralement produits par des fabricants établis qui travaillaient selon des spécifications militaires précises.

Aujourd'hui, les spécimens bien conservés du M 1836 sont des objets de collection recherchés qui fournissent des aperçus importants sur l'histoire militaire du Royaume de Bavière. Ils documentent non seulement l'artisanat artistique mais aussi l'organisation militaire, le symbolisme dynastique et la transformation de la guerre au XIXe siècle. Le spécimen présent, avec son attribution claire à Maximilien II et son bon état de conservation, est un témoignage historique précieux de cette époque significative de l'histoire bavaroise.