Chevron de manche NSKK pour “Alte Kämpfer”
Le chevron de manche NSKK pour les “Alte Kämpfer” (Vieux Combattants) représente un insigne distinctif significatif au sein de la structure organisationnelle national-socialiste. Le Corps motorisé national-socialiste (NSKK) fut initialement fondé en avril 1930 comme sous-organisation de la SA et fut élevé au rang de formation indépendante du NSDAP le 23 août 1934, sous la direction d'Adolf Hühnlein.
Le terme “Alte Kämpfer” dans la terminologie national-socialiste désignait les membres du parti qui avaient rejoint le NSDAP avant la prise du pouvoir le 30 janvier 1933. Cette désignation fut également étendue aux membres de diverses organisations NS qui avaient déjà adhéré pendant la soi-disant “période de lutte” du mouvement. Le chevron de manche servait ainsi de signe de reconnaissance visible pour l'ancienneté d'adhésion et devait documenter la loyauté particulière envers le mouvement.
L'exemplaire présent fut fabriqué selon la technique caractéristique du fil métallique, dans laquelle des fils de couleur argentée ou contenant de l'aluminium étaient tissés sur une base en tissu. Cette technique de fabrication était typique des insignes et décorations de haute qualité des organisations NS. La base en tissu consistait généralement en laine noire, correspondant aux couleurs standard du NSKK.
Les règlements de port de tels insignes étaient précisément définis dans les règlements d'uniforme du NSKK. Le chevron de manche était généralement porté sur le bras gauche supérieur de l'uniforme, positionné sous l'emblème national. La position exacte et la manière de porter étaient établies par des règlements de service qui furent mis à jour à plusieurs reprises, particulièrement après l'indépendance du NSKK en 1934.
Le NSKK lui-même se développa d'une unité motorisée relativement petite en une organisation comptant plus de 500 000 membres en 1939. Ses principales tâches comprenaient la formation à la conduite de véhicules à moteur, la promotion des sports motorisés et, à partir de 1939, le soutien à la Wehrmacht par des services de transport et une formation technique. L'organisation était divisée en diverses unités, notamment des Motorstaffeln, des Nachrichtenstaffeln et des Marinestaffeln.
Le statut particulier des “Vieux Combattants” se manifestait non seulement dans de tels insignes, mais aussi dans un traitement préférentiel pour les promotions et les nominations aux postes au sein de la hiérarchie NS. Cette pratique visait à récompenser l'allégeance précoce et à renforcer la loyauté des membres de longue date.
La fabrication de tels insignes était effectuée par des entreprises spécialisées autorisées par le Reichszeugmeisterei (Bureau de l'équipement du Reich) du NSDAP. Parmi les fabricants connus figuraient des entreprises telles que BeVo (Bandweberei Ewald Vorsteher), connues pour leur technique de tissage de haute qualité. La qualité de l'exécution variait selon le fabricant et la période de production, les exemplaires plus anciens présentant souvent une qualité artisanale supérieure.
Après 1945, toutes les décorations, uniformes et insignes du NSDAP et de ses formations furent interdits par les Alliés. La Loi n° 1 du Conseil de contrôle du 20 septembre 1945 interdit le NSDAP et toutes ses subdivisions. En République fédérale d'Allemagne aujourd'hui, l'article 86a du Code pénal réglemente la manipulation des symboles d'organisations inconstitutionnelles, leur utilisation étant permise à des fins d'éducation civique, de défense contre les efforts inconstitutionnels, d'art, de science et de recherche.
D'un point de vue historique, de tels objets sont d'importants témoignages de la structure organisationnelle et de la hiérarchie du régime NS. Ils documentent le langage symbolique complexe et le système de distinctions par lequel la loyauté était récompensée et la différenciation sociale créée au sein du mouvement. Pour la recherche historico-militaire, ils offrent des aperçus sur les techniques de fabrication, les règlements de port et la signification des symboles de statut dans le système totalitaire.