Bande de manche Waffen-SS pour les membres de la 21. Waffen-Gebirgs-Division der SS “Skanderbeg” (albanaise n° 1)
La bande de manche était portée par la troupe et les cadres.
Le brassard de la 21e Division de montagne de la Waffen-SS "Skanderbeg" représente une pièce rare et historiquement significative de l'équipement militaire de la Seconde Guerre mondiale. Cette unité, fabriquée selon la technique de tissage de type Bevo, était portée par les membres de l'une des formations les plus éphémères et les plus controversées de la Waffen-SS.
La 21e Division de montagne de la Waffen-SS "Skanderbeg" fut établie au printemps 1944, nommée d'après le héros national albanais Gjergj Kastrioti Skanderbeg (1405-1468), qui combattit l'Empire ottoman au XVe siècle. La division fut recrutée principalement parmi des volontaires albanais du Kosovo et d'Albanie, les officiers et sous-officiers SS allemands occupant les postes de commandement.
La formation de la division eut lieu en avril 1944 sous le commandement du SS-Oberführer August Schmidhuber. Le recrutement s'avéra difficile et la division n'atteignit jamais son effectif prévu. Au lieu des 10 000 à 11 000 hommes planifiés, seuls environ 6 000 à 6 500 soldats furent recrutés. La plupart des recrues provenaient du Kosovo, alors sous occupation allemande.
Le brassard décrit ici était porté aussi bien par les hommes de troupe que par les cadres, conformément aux règlements d'uniforme de la SS. La technique de tissage de type Bevo fait référence à un procédé spécial de tissage mécanique développé par la société Bevo (Barmer Verband Oeffentlicher Betriebe). Cette technique permettait la production d'insignes et de brassards détaillés et durables avec des motifs et des inscriptions complexes. Les brassards étaient typiquement portés sur l'avant-bras gauche et servaient à l'identification rapide de l'appartenance divisionnaire ou unitaire.
L'histoire opérationnelle de la division "Skanderbeg" fut brève et marquée par un succès militaire limité. L'unité fut principalement déployée pour des opérations anti-partisanes au Kosovo et dans le nord de l'Albanie. La division fut impliquée dans de nombreux crimes de guerre contre la population civile serbe et monténégrine, notamment des massacres, des pillages et des nettoyages ethniques. Ces actions provoquèrent des tensions considérables entre les groupes ethniques de la région.
L'efficacité militaire de la division était sévèrement limitée par une formation inadéquate, un équipement insuffisant et des taux de désertion élevés. Nombreux étaient les recrues albanaises qui s'étaient enrôlées principalement pour des raisons politiques locales ou avaient été recrutées sous la pression. Alors que la situation militaire des puissances de l'Axe se détériorait à l'automne 1944, de larges portions de la division désertèrent.
En octobre 1944, après seulement six mois d'existence environ, la division fut dissoute. Les soldats et l'équipement restants furent en grande partie transférés à la 7e Division de montagne volontaire SS "Prinz Eugen", qui opérait également dans les Balkans. Ceci explique la rareté particulière des articles d'équipement de la division "Skanderbeg", car l'unité n'exista que brièvement et nombre de ses matériels furent réutilisés ou détruits.
Du point de vue du collectionneur et de l'historien, les brassards de cette division sont extrêmement rares. L'existence brève de l'unité, le petit nombre d'articles d'uniforme produits et le fait que de nombreux articles furent perdus ou détruits à la fin de la guerre font des pièces authentiques des artefacts historiques significatifs. Un spécimen non porté en bon état, comme décrit ici, est particulièrement remarquable.
L'utilisation du nom "Skanderbeg" par la SS était une tentative de faire appel aux sentiments nationalistes albanais et de faciliter le recrutement. Le Skanderbeg historique est vénéré en Albanie comme symbole de résistance contre la domination étrangère, une ironie étant donné que la division qui portait son nom servait une puissance occupante.
Aujourd'hui, de tels objets servent de témoins matériels d'une période sombre de l'histoire européenne. Ils nous rappellent les tentatives du régime nazi d'établir des formations militaires dans les territoires occupés et les conflits ethniques et politiques complexes dans les Balkans pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour les historiens et les chercheurs, ils offrent des perspectives importantes sur l'organisation, l'équipement et l'histoire de cette formation militaire éphémère.