Casquette à visière prussienne pour pharmacien militaire

Vers 1910. Forme haute en assiette. Le bandeau de casquette en velours rouge vineux, passepoil rose, visière laquée noire, les deux cocardes présentes. Intérieur avec cuir de sudation brun et doublure en soie couleur os. Taille 57. Le velours légèrement décoloré. État 2.

Très rare ! Avant 1914, seulement 60 pharmaciens militaires servaient en temps de paix.
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Casquette à visière prussienne pour pharmacien militaire

La casquette à visière pour pharmaciens militaires prussiens datant d'environ 1910 représente un témoignage extraordinairement rare de la tradition pharmaceutique militaire dans l'Empire allemand. Avec seulement 60 pharmaciens militaires en service en temps de paix avant 1914, cette pièce d'uniforme appartient aux coiffures les plus rares de l'armée prussienne.

Les pharmaciens militaires formaient un groupe professionnel hautement spécialisé au sein du service sanitaire prussien. Leurs racines remontent au XVIIIe siècle, lorsque Friedrich Wilhelm Ier et plus tard Frédéric le Grand organisèrent systématiquement les services médicaux militaires. Au cours du XIXe siècle, la position de pharmacien militaire évolua vers un grade d'officier respecté qui exigeait une formation pharmaceutique complète et une qualification militaire.

La casquette à visière présente ici affiche les caractéristiques typiques de l'uniforme de paix d'un pharmacien militaire. La forme haute en assiette correspond au style typique des casquettes à visière des officiers prussiens de l'ère wilhelminienne. Le bandeau de casquette en velours rouge vineux est l'élément distinctif décisif qui identifie le porteur comme membre du service pharmaceutique militaire. Le passepoil rose (Vorstoss) servait d'identificateur supplémentaire de la branche de service.

La coloration des uniformes et de leurs composants était strictement réglementée dans l'armée prussienne. La combinaison de rouge vineux et de rose était réservée au service médical militaire et permettait l'identification immédiate des officiers médicaux et pharmaceutiques sur le champ de bataille comme en garnison. Ce codage couleur avait une signification pratique, car le personnel médical bénéficiait d'une protection spéciale en vertu des Conventions de Genève.

La casquette à visière porte les deux cocardes – la cocarde noire du Reich et la cocarde prussienne noir et blanc – comme prescrit pour les officiers prussiens après 1897. La visière laquée noire correspond à la conception standard des casquettes à visière d'officier. L'intérieur de haute qualité avec bandeau de cuir brun et doublure en soie couleur ivoire témoigne de la qualité artisanale et du statut de cette coiffure.

La taille 57 correspond à un tour de tête moyen et indique un porteur adulte. La casquette a probablement été fabriquée par un fournisseur de cour spécialisé ou un marchand d'équipements militaires qui connaissait les règlements exacts des exigences uniformes prussiennes.

La rareté extraordinaire de cette casquette à visière s'explique par plusieurs facteurs : premièrement, le nombre de pharmaciens militaires en temps de paix était extrêmement limité. Avec seulement 60 officiers actifs dans toute la Prusse avant 1914, c'était l'un des plus petits groupes d'officiers de l'armée. Deuxièmement, ces officiers possédaient généralement plusieurs pièces d'uniforme, donc tous ne portaient pas simultanément une telle casquette à visière. Troisièmement, de nombreuses pièces d'uniforme n'ont pas survécu aux deux guerres mondiales et aux décennies suivantes.

Le service de pharmacie militaire gagna une importance considérable pendant la Première Guerre mondiale. Le nombre de pharmaciens militaires fut drastiquement augmenté pour répondre à l'énorme demande de services pharmaceutiques sur tous les fronts. Ils étaient responsables de l'approvisionnement, du stockage et de la distribution des médicaments, de la fabrication de médicaments dans des conditions de campagne et du contrôle qualité des produits pharmaceutiques.

La formation de pharmacien militaire exigeait d'abord un diplôme pharmaceutique complet et une licence de pharmacien. Les candidats devaient ensuite suivre une formation militaire et faire leurs preuves lors d'un examen. Le grade correspondait généralement à celui d'un médecin-major dans le corps médical, la position exacte variant selon les années de service et l'affectation.

La légère décoloration du velours mentionnée dans la description de l'objet est typique des pièces d'uniforme de cette période et atteste d'un usage authentique. Le velours rouge vineux était particulièrement sensible à la lumière, et le vieillissement du matériau est un indicateur d'authenticité. L'état par ailleurs bon (état 2) est remarquable pour une pièce textile de plus de 110 ans.

Cette casquette à visière représente non seulement un objet de collection militaire rare, mais aussi un témoignage important de l'histoire de la pharmacie militaire et du système hautement différencié de l'organisation militaire prussienne avant la Première Guerre mondiale. Elle rappelle une époque où même les plus petits groupes professionnels au sein de l'armée étaient rendus visibles par des composants d'uniforme précisément définis.