Autriche Ordre Militaire de Marie-Thérèse Écharpe de Grand-Croix

Fabrication de la Première Guerre mondiale en fine soie moirée, exécution finement cousue, longueur 80 cm, non portée, état 2.
Le récipiendaire est connu. Extrêmement rare.
442757
8.000,00

Autriche Ordre Militaire de Marie-Thérèse Écharpe de Grand-Croix

Le cordon de l'Ordre militaire de Marie-Thérèse représente l'une des plus hautes décorations militaires de la monarchie austro-hongroise et compte parmi les ordres les plus prestigieux d'Europe. Fondé en 1757 par l'impératrice Marie-Thérèse, l'ordre était décerné exclusivement pour un leadership militaire exceptionnel et une bravoure dépassant le devoir et influençant de manière décisive le cours des batailles.

Ce cordon d'ordre date de la période de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et a été fabriqué dans la forme traditionnelle de la Grand-Croix. La production en fine soie moirée correspond aux plus hauts standards artisanaux des fournisseurs de la Cour impériale et royale. Le tissu moiré caractéristique avec sa structure de surface ondulée était une marque de qualité pour les classes d'ordres les plus élevées et était créé par des techniques de tissage spéciales.

L'Ordre militaire de Marie-Thérèse était divisé en trois classes : Grand-Croix, Croix de Commandeur et Croix de Chevalier. Le cordon d'ordre était l'élément de port central pour la Grand-Croix et se portait de l'épaule droite à la hanche gauche. Les couleurs du cordon – blanc avec bordures violet-rouge – avaient été établies depuis la fondation de l'ordre et symbolisaient les couleurs de la maison impériale ainsi que la dignité particulière de cette décoration.

Pendant la Première Guerre mondiale, très peu d'attributions de l'Ordre militaire de Marie-Thérèse ont été effectuées. Les statuts de l'ordre exigeaient non seulement une bravoure exceptionnelle mais aussi des décisions indépendantes et d'initiative des officiers conduisant au succès. Un conseil de l'ordre devait examiner et confirmer chaque attribution. Parmi les récipiendaires les plus connus pendant la Première Guerre mondiale figuraient le maréchal Svetozar Boroević von Bojna, le général de cavalerie Viktor Dankl et le maréchal Franz Conrad von Hötzendorf.

L'artisanat de ce cordon d'ordre avec sa fine couture et sa longueur de 80 centimètres correspond aux spécifications officielles de la Chancellerie des ordres impériale et royale. La fabrication était effectuée à Vienne par des fournisseurs de cour spécialisés soumis à des contrôles de qualité stricts. Chaque cordon d'ordre était fabriqué individuellement et adapté à son porteur respectif.

L'état non porté de ce cordon d'ordre est remarquable et extrêmement rare. Cela pourrait indiquer qu'il a été fabriqué pour un récipiendaire qui a peut-être reçu la décoration peu avant la fin de la guerre ou à titre posthume. Après l'effondrement de la monarchie danubienne en 1918, l'ordre a perdu sa signification officielle mais a été reconnu par la République d'Autriche comme patrimoine historique.

La rareté de tels cordons d'ordre de la Première Guerre mondiale s'explique par plusieurs facteurs : le petit nombre d'attributions (de 1757 à 1918, seulement environ 1 200 attributions d'ordre ont été effectuées au total), l'utilisation de matériaux périssables comme la soie, et le fait que de nombreux ordres ont été perdus ou endommagés dans les troubles de l'après-guerre après 1918.

L'Ordre militaire de Marie-Thérèse a conservé sa réputation légendaire même après 1918. Il était considéré comme l'un des rares ordres décernés exclusivement pour le mérite militaire plutôt que pour le rang ou le statut social. Les statuts prévoyaient que même les simples soldats pouvaient théoriquement recevoir l'ordre si leur performance répondait aux critères stricts.

Aujourd'hui, les cordons d'ordre originaux de l'Ordre militaire de Marie-Thérèse de la période de la Première Guerre mondiale sont des raretés muséales et des témoignages importants de l'histoire militaire autrichienne. Ils documentent non seulement l'artisanat artistique des fournisseurs de la cour viennoise mais aussi la culture militaire de la monarchie des Habsbourg déclinante dans son dernier grand effort.