Insigne de Guerre pour l'Artillerie Navale

Zinc fin, marqué au revers "Schwerin-Berlin". L'épingle et le crochet sont magnétiques. État porté.
507261
450,00

Contexte historique et objectif

Insigne de guerre de l’artillerie navale (Kriegsabzeichen für die Marineartillerie)

L’Insigne de guerre de l’artillerie navale (Kriegsabzeichen für die Marineartillerie), également connu sous le nom d’insigne de guerre pour l’artillerie côtière, constitue l’une des décorations les plus distinctives de la Kriegsmarine allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Institué le 24 juin 1941 par le Grand Amiral Erich Raeder, commandant en chef de la Kriegsmarine, cet insigne avait pour vocation de récompenser le personnel terrestre de la Marine et de souligner l’importance capitale de leur mission.

La création de cette décoration intervint à un moment où le commandement naval allemand reconnaissait pleinement le rôle essentiel joué par les équipages des batteries côtières et des batteries de défense antiaérienne. Ces personnels, positionnés le long des côtes, constituaient la première ligne de défense contre les attaques venant de la mer et des airs. Leur tâche, bien que souvent éclipsée par les opérations plus spectaculaires des sous-marins et des navires de surface, demeurait fondamentale pour la stratégie défensive globale.

À l’origine, l’insigne était exclusivement destiné aux membres de la force de défense aérienne côtière. Cependant, peu après son institution, son champ d’attribution fut élargi pour inclure les membres d’équipage des pièces d’artillerie positionnées contre des cibles navales. Cette extension garantissait que l’ensemble du personnel d’artillerie terrestre de la Kriegsmarine puisse être récompensé pour son service.

Critères d’attribution

L’attribution de l’insigne reposait sur un système de points minutieusement élaboré. Un total de huit points était requis pour obtenir la décoration. Les équipages de pièces qui abattaient un aéronef ennemi sans assistance recevaient deux points. Lorsque l’aide d’un autre équipage s’avérait nécessaire, seul un point était attribué.

Les équipages de projecteurs, le personnel de conduite de tir, les opérateurs d’appareils d’écoute et les opérateurs radio pouvaient également prétendre à l’insigne, mais ne recevaient qu’un demi-point par première détection. En outre, les individus faisant preuve de qualités de leadership remarquables ou réalisant un acte de mérite singulier au combat, pour lequel aucune autre décoration n’avait été décernée, pouvaient se voir attribuer l’insigne. La décoration était également conférée à titre posthume aux personnels tombés au combat dans les unités concernées.

Description et caractéristiques physiques

L’insigne fut conçu par Otto Placzek de Berlin. Sa forme présente une couronne de laurier en feuilles de chêne surmontée de l’aigle allemand aux ailes déployées vers le bas, serrant une croix gammée dans ses serres — tous deux de couleur dorée. La partie centrale représente une pièce d’artillerie côtière avec la mer en arrière-plan, rendue en gris. Les dimensions de l’insigne sont d’environ 53,5 mm × 41 mm, avec une épingle verticale au dos.

La composition matérielle évolua considérablement au fil du conflit. Les premières versions furent fabriquées en bronze, puis en nickel. Plus tard dans la guerre, la production passa au zinc. Les versions de fin de guerre, de qualité inférieure, furent réalisées en métal de récupération, témoignant des pénuries croissantes de matières premières qui affectaient la production de guerre allemande.

Fabricants

Plusieurs entreprises participèrent à la fabrication de cet insigne. Parmi les fabricants connus figurent C. Schwerin & Sohn de Berlin, C.E. Juncker de Berlin, Rudolf Souval de Vienne, Heinrich Wander de Gablonz et Friedrich Linden de Lüdenscheid. La maison C. Schwerin & Sohn était un fabricant réputé de cet insigne ainsi que de nombreuses autres décorations de la Kriegsmarine.

L’exemplaire présenté porte au revers la marque “Schwerin-Berlin”, confirmant sa fabrication par C. Schwerin & Sohn. Il est réalisé en zinc fin (Feinzink), avec une épingle et un crochet magnétiques — des caractéristiques typiques de la production de la seconde moitié du conflit. La pièce se trouve dans un état porté, suggérant un usage effectif en service.

Variantes et présentation

L’insigne de guerre de l’artillerie navale n’existait qu’en un seul degré. Bien qu’une version avec diamants ait été discutée au sein de la direction de la Kriegsmarine, aucune réglementation ne fut jamais établie à ce sujet et aucun insigne avec diamants ne fut jamais produit. Une version textile fut néanmoins fabriquée pour être portée sur l’uniforme de combat. L’insigne était remis au récipiendaire soit dans un petit coffret, soit dans un sachet en papier standard portant le nom de la décoration.

Intérêt pour les collectionneurs

Aujourd’hui, l’insigne de guerre de l’artillerie navale est un objet de collection prisé dans le domaine de la militaria navale allemande de la Seconde Guerre mondiale. Selon la version, le matériau et l’état de conservation, les insignes individuels peuvent atteindre une valeur comprise entre 150 et 500 euros. La diversité des fabricants et l’évolution des matériaux — du bronze au zinc puis au métal de récupération — offrent aux collectionneurs un champ d’étude particulièrement riche. L’exemplaire présenté, marqué Schwerin-Berlin et fabriqué en zinc, constitue un témoignage authentique de la production de guerre tardive et un lien tangible avec les hommes qui assurèrent la défense des côtes durant le Second Conflit mondial.

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