Baïonnette de parade de la Wehrmacht Heer (WH)
Le Extraseitengewehr 84/98 de la Wehrmacht Heer représente l'une des armes blanches caractéristiques de l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette arme, présente dans sa version longue, incarne le développement continu des baïonnettes militaires allemandes depuis l'ère impériale.
Les origines de ce type de baïonnette remontent au Seitengewehr 84/98, développé à l'origine pour le fusil Gewehr 98. Après la Première Guerre mondiale et pendant la République de Weimar, la production d'armes blanches militaires fut sévèrement restreinte par le Traité de Versailles. Cependant, avec la prise de pouvoir nazie en 1933 et le réarmement subséquent de la Wehrmacht à partir de 1935, une production extensive de nouveaux équipements militaires commença.
Le fabricant Robert Klaas de Solingen appartenait aux forges de lames traditionnelles de la ville, connue depuis des siècles pour sa coutellerie de haute qualité. Solingen s'était établie depuis le Moyen Âge comme le centre de la production allemande de lames. Pendant la période nazie, de nombreuses entreprises de Solingen furent intégrées dans la production d'armement, y compris Robert Klaas, qui fabriquait des armes blanches militaires pour la Wehrmacht.
La baïonnette présente exhibe les caractéristiques de construction typiques de la période Wehrmacht : une lame à double gouttière en version longue, une garde en zinc avec placage nickelé, et des plaquettes de poignée rivetées. La garde en zinc était une alternative plus économique aux versions antérieures en acier et fut utilisée particulièrement dans la seconde moitié des années 1930 et pendant la guerre pour économiser les ressources et accélérer la production.
La lame montre la double gouttière caractéristique, qui non seulement réduisait le poids mais améliorait également l'intégrité structurelle de l'arme. Ces lames étaient fabriquées selon des spécifications militaires strictes et devaient respecter certains degrés de dureté et dimensions. Le marquage du fabricant sur la lame était obligatoire et servait au contrôle de qualité.
Le anneau de bouche (Stoßleder), une bande de cuir sur la poignée, servait à protéger la main du porteur contre le glissement vers la lame. Ce détail était standard sur toutes les baïonnettes militaires allemandes depuis l'ère impériale. Les plaquettes de poignée rivetées, généralement faites de bois ou de bakélite, étaient fermement connectées à la soie de la lame.
Le fourreau avec ses restes de peinture et la boucle de ceinture (Koppelschuh) montre la construction typique de la période Wehrmacht. La boucle de ceinture permettait la fixation de la baïonnette à la ceinture du soldat. Le renforcement à l'arrière de la boucle de ceinture était une amélioration pratique qui augmentait la durabilité. Le tampon “DRP” signifie “Deutsches Reichspatent” (Brevet du Reich allemand) et indique une construction ou un procédé de fabrication breveté, ce qui était assez courant pour les articles d'équipement militaire.
Les baïonnettes de la Wehrmacht n'étaient pas seulement conçues comme armes de combat rapproché mais servaient également d'outils polyvalents sur le terrain. Les soldats les utilisaient pour ouvrir des boîtes de conserve, couper du fil de fer et pour diverses tâches de campement. Dans le combat réel pendant la Seconde Guerre mondiale, les baïonnettes jouaient un rôle bien moindre que dans les conflits antérieurs, car la guerre moderne était dominée par les armes à feu.
La production de baïonnettes fut modifiée plusieurs fois pendant la guerre pour économiser matériel et temps de travail. Les productions de guerre ultérieures montraient des designs simplifiés, des traitements de surface moins élaborés et l'utilisation de matériaux de substitution. Le spécimen présent avec son placage nickelé et son travail soigné suggère une production des premières années de guerre ou même de la période d'avant-guerre.
Après la guerre, d'innombrables de ces baïonnettes furent prises comme trophées de guerre, fondues ou retravaillées. Aujourd'hui, elles sont des objets de collection recherchés qui représentent d'importants témoignages de l'histoire militaire. Leur étude fournit des aperçus sur les techniques de fabrication, l'utilisation des matériaux et les standards militaires de l'époque.
L'état de conservation de cette pièce avec ses traces authentiques d'âge en fait un document historique précieux qui reflète la culture matérielle de la Wehrmacht et la tradition artisanale de la production de lames de Solingen.