WHW - Gau Essen 1936/37
Le Winterhilfswerk (WHW) ou Secours d'Hiver constituait l'une des organisations de masse les plus importantes de l'Allemagne national-socialiste et représentait un élément central de la propagande sociale nazie. Cet insigne en aluminium représente les activités de collecte du Gau Essen pendant la saison de collecte 1936/37, une période durant laquelle le régime avait largement achevé sa consolidation et mobilisait intensivement la “Volksgemeinschaft” (communauté du peuple).
Le Winterhilfswerk fut officiellement fondé le 13 septembre 1933 et fonctionnait sous la direction du ministre du Reich pour l'Éducation du peuple et la Propagande, Joseph Goebbels, ainsi que du Service national-socialiste du bien-être populaire (NSV). L'organisation visait ostensiblement à soutenir les familles allemandes nécessiteuses pendant les mois d'hiver avec de la nourriture, du charbon, des vêtements et d'autres biens essentiels. En réalité, le WHW servait principalement d'instrument de propagande pour démontrer la solidarité supposée de la “communauté du peuple” et contrôler la population.
Les Gaue formaient les unités administratives régionales du NSDAP, et le Gau Essen faisait partie de la grande région industrielle de la Ruhr. Chaque Gau organisait des collectes indépendantes et émettait des insignes spécifiques distribués en échange de dons. Ces insignes servaient de preuve visible de participation à la collecte et exerçaient une pression sociale sur les non-participants. Quiconque ne portait pas d'insigne risquait d'être soupçonné d'être un “ennemi du peuple” et faisait face à des désavantages professionnels et sociaux.
La saison de collecte 1936/37 s'est déroulée à un moment historiquement significatif. L'année 1936 fut marquée par les Jeux olympiques de Berlin, par lesquels le régime nazi tentait d'obtenir une légitimité internationale, ainsi que par la remilitarisation de la Rhénanie en mars 1936. L'économie était dans une phase de réarmement, et le Plan de quatre ans sous Hermann Göring fut annoncé en septembre 1936 pour préparer l'Allemagne à une économie de guerre.
Les insignes WHW étaient fabriqués à partir de divers matériaux, l'aluminium étant particulièrement courant en raison de sa disponibilité et de sa facilité de traitement. Les insignes présentaient des motifs régionalement différents : armoiries, monuments locaux, symboles traditionnels ou emblèmes nationaux-socialistes. Chaque saison de collecte comprenait plusieurs dates de collecte, généralement le week-end, lorsque des membres de la SA, des SS et de la Jeunesse hitlérienne, ainsi que d'autres affiliés au parti, collectaient des dons dans les rues.
La participation au WHW était officiellement volontaire, mais était en fait soumise à une pression psychologique et sociale massive. Les employeurs compilaient des listes des contributions de leurs employés, et les surveillants de bloc du NSDAP contrôlaient la participation dans les quartiers résidentiels. Les “Eintopfsonntage” (dimanches du pot-au-feu) constituaient un autre élément de la campagne WHW : certains dimanches, les familles devaient cuisiner uniquement un simple plat unique et donner l'argent économisé.
L'importance financière du WHW était considérable. Durant la saison 1936/37, le WHW collecta plusieurs centaines de millions de Reichsmarks à l'échelle nationale. Cependant, ces fonds ne parvenaient que partiellement aux nécessiteux ; une grande partie était utilisée pour la propagande, l'administration et, finalement, la préparation à la guerre. Le WHW permettait également au régime de maintenir les salaires bas, car les dons “volontaires” servaient de substitut à des prestations sociales plus élevées.
Après la guerre, les insignes WHW furent classés par les Alliés comme matériel de propagande nazie. Conformément à la Loi n° 1 du Conseil de contrôle du 20 septembre 1945, les organisations nazies furent dissoutes et leurs symboles interdits. Aujourd'hui, les insignes WHW sont des objets de collection et des témoignages des politiques sociales et de propagande nazies. Ils documentent la pénétration de la vie quotidienne par l'idéologie national-socialiste et les mécanismes de contrôle social dans la dictature. L'étude de tels objets contribue à comprendre le fonctionnement des systèmes totalitaires et sert d'avertissement pour rester vigilant face aux formes manipulatrices de solidarité supposée.