Bande de bachi Reichsmarine "Flottentender Jagd"
Le ruban de bachi du tender de flotte “Jagd” de la Reichsmarine représente un témoignage authentique de l'histoire navale allemande entre 1921 et 1935. Cet exemplaire tissé de fils métalliques en état neuf incarne la pratique traditionnelle d'identification des marins selon leurs unités de service respectives.
La Reichsmarine vit officiellement le jour le 1er janvier 1921, issue de la Marine impériale suite à la défaite de l'Allemagne lors de la Première Guerre mondiale. Le Traité de Versailles du 28 juin 1919 imposa des restrictions maritimes drastiques à l'Allemagne. Le traité limitait la marine allemande à un maximum de 15 000 hommes, six cuirassés, six croiseurs, douze destroyers et douze torpilleurs. Les sous-marins étaient totalement interdits. Dans ce cadre contraint, la Reichsmarine devait accomplir ses missions de défense côtière et de formation.
Les tenders de flotte étaient des navires de soutien spécialisés qui jouaient un rôle essentiel dans l'appui aux unités opérationnelles de la flotte. Ces navires servaient au ravitaillement logistique, au transport de personnel et de matériel, ainsi qu'à divers services auxiliaires. Le nom “Jagd” (Chasse) s'inscrit dans la tradition maritime de dénomination, où les tenders étaient fréquemment nommés d'après des activités, des régions ou des termes traditionnels.
Les rubans de bachi étaient partie intégrante de l'uniforme marin depuis l'époque de la Marine impériale. Ils étaient portés sur le bonnet de marin et affichaient le nom du navire ou de l'unité en lettres dorées ou argentées. Cette tradition remonte au XIXe siècle et fut adoptée par la plupart des marines européennes. Les rubans de bachi servaient non seulement à l'identification, mais renforçaient également l'esprit de corps et le lien de l'équipage avec son navire.
L'exécution tissée de fils métalliques présentée ici est particulièrement remarquable. Ces rubans de haute qualité étaient fabriqués avec des fils métalliques dorés ou argentés sur fond noir ou bleu foncé. La production nécessitait des rubanniers spécialisés, souvent situés dans des centres traditionnels de production textile. L'inscription suivait typiquement un format établi : le nom du navire apparaissait au centre en lettres latines, encadré d'ancres stylisées, de feuilles de chêne ou d'autres symboles maritimes.
La Reichsmarine maintenait des règlements d'uniforme stricts, consignés dans divers règlements de service. Les règlements vestimentaires définissaient précisément quand et comment porter les pièces d'uniforme. Les rubans de bachi étaient des composants intégraux de l'uniforme de service pour les hommes du rang et les sous-officiers sans dragonne. Les officiers portaient des coiffures différentes sans noms de navires.
L'état décrit comme “1a” et “neuf” suggère que ce ruban de bachi n'a peut-être jamais été porté ou fut seulement conservé à des fins représentatives. De tels exemplaires non portés sont particulièrement rares aujourd'hui, car la plupart des rubans subissaient une usure naturelle pendant le service. Nombreux rubans furent conservés comme souvenirs après la mise hors service des navires ou lors de mutations.
La Reichsmarine exista jusqu'en 1935, lorsqu'elle fut remplacée par la Kriegsmarine. Avec la prise du pouvoir nazie en 1933, l'Allemagne commença à ignorer graduellement les restrictions de Versailles. Le 16 mars 1935, Adolf Hitler annonça officiellement le réarmement, et la Reichsmarine fut rebaptisée Kriegsmarine.
Pour les collectionneurs et historiens, les rubans de bachi de la Reichsmarine constituent des documents importants de l'histoire navale. Ils permettent la reconstitution des histoires de navires, des structures de flotte et des contextes historiques du personnel. Le ruban du tender “Jagd” est un témoin matériel d'une unité spécifique au sein d'une époque historiquement significative de l'histoire navale allemande, située entre la défaite de la Première Guerre mondiale et la reconstruction sous le régime national-socialiste.
La préservation de tels objets dans les collections muséales et privées contribue à la compréhension des traditions maritimes, de l'étude des uniformes et de l'histoire militaire générale. Ils sont les témoins silencieux du service de milliers de marins qui accomplirent leur devoir dans des conditions souvent difficiles.