Aigle de casquette SA pour casquette à visière
L'aigle de casquette SA pour la casquette à visière représente un insigne important de la structure organisationnelle nationale-socialiste, porté par les membres de la Sturmabteilung (SA). Cet exemplaire représente le deuxième modèle, introduit après 1939, qui présente des différences importantes par rapport aux versions antérieures.
La Sturmabteilung fut fondée en 1921 comme organisation paramilitaire de combat du NSDAP et joua un rôle central dans l'ascension des nationaux-socialistes au pouvoir. Après l'Affaire Röhm de 1934, la SA perdit sa suprématie politique au profit de la SS, mais resta une organisation importante au sein de l'État nazi avec des millions de membres.
L'uniformisation de la SA suivait des règlements stricts établis dans les Règlements de Service de la SA et divers ordres du Commandement Suprême de la SA (OSAF). L'aigle sur la casquette à visière était un insigne obligatoire symbolisant l'alignement politique et l'allégeance à l'État national-socialiste.
Le deuxième modèle de l'aigle de casquette SA se distingue du premier modèle par plusieurs caractéristiques distinctives. Alors que le premier modèle fut utilisé jusqu'à environ 1939, le deuxième modèle présente des simplifications dans la conception, partiellement attribuables à l'économie de guerre croissante et à la conservation des matériaux associée. La représentation de l'aigle devint plus stylisée et la méthode de fabrication fut rationalisée.
La fabrication en Cupal, un alliage de cuivre et d'aluminium, était typique de cette période. Le Cupal offrait l'avantage d'être plus léger que le cuivre pur et facile à traiter. Le plaquage argenté conférait à l'insigne son éclat métallique caractéristique et correspondait aux règlements pour les insignes de grade de la SA. La finition argentée était standard pour la plupart des grades SA.
Le marquage RZM est d'une importance particulière pour l'authentification et la datation de tels insignes. La Reichszeugmeisterei (RZM) fut établie en 1929 comme bureau central d'approvisionnement du NSDAP et fut responsable à partir de 1935 du contrôle de qualité et de l'approbation de tous les insignes du parti, pièces d'uniforme et articles d'équipement. Chaque fabricant approuvé recevait son propre numéro RZM, qui devait être apposé sur les produits. Ceci visait à assurer les standards de qualité et à prévenir la production d'insignes non autorisés.
Le marquage RZM permet aujourd'hui aux historiens et collectionneurs d'attribuer les insignes à des fabricants spécifiques et des périodes de production. Le système était hautement organisé et reflète la pénétration bureaucratique de tous les domaines de la vie dans l'État nazi.
La casquette à visière elle-même était un composant caractéristique de l'uniforme SA. Elle était portée lors de diverses occasions et différait de la casquette de service gris-champ utilisée pour les événements plus formels. L'aigle était fixé au centre au-dessus de la visière de la casquette et, avec la cocarde à croix gammée, constituait un identifiant indispensable.
Après 1939, avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le rôle de la SA changea considérablement. De nombreux hommes de la SA furent enrôlés dans la Wehrmacht, et l'organisation se concentra de plus en plus sur des tâches du front intérieur telles que la formation prémilitaire, la protection antiaérienne et d'autres services auxiliaires. Néanmoins, la SA persista jusqu'à la fin de la guerre et conserva son uniformisation caractéristique.
La production d'insignes SA et de pièces d'uniforme devint de plus en plus difficile pendant la guerre, les matériaux étant rationnés et l'industrie convertie à la production de guerre. Néanmoins, les insignes continuèrent à être fabriqués, ayant souvent recours à des matériaux moins coûteux et des méthodes de production simplifiées.
Du point de vue actuel, de tels objets sont d'importants témoins historiques d'une époque sombre de l'histoire allemande. Ils documentent la structure organisationnelle, le symbolisme et la culture matérielle du national-socialisme. Pour la recherche scientifique et la présentation muséale, ils sont indispensables pour représenter authentiquement l'histoire de cette période et comprendre les mécanismes de la domination totalitaire.