Baïonnette de parade de la Wehrmacht Heer (WH) avec gravure sur un côté de la lame
Le sabre-baïonnette extra de la Wehrmacht Heer (Extraseitengewehr) représente un élément caractéristique de l'équipement militaire des forces terrestres allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette version spéciale d'une arme blanche, fabriquée par la célèbre firme de Solingen Alcoso (Alexander Coppel Solingen), incarne le savoir-faire traditionnel allemand dans la fabrication de lames combiné aux exigences fonctionnelles militaires.
La firme Alcoso comptait parmi les fournisseurs importants d'armes blanches pour la Wehrmacht. L'entreprise Alexander Coppel à Solingen pouvait se prévaloir d'une longue tradition dans la fabrication de coutellerie et d'armes blanches militaires. Pendant la période nazie, Alcoso produisit divers modèles de baïonnettes, de poignards et d'autres armes blanches pour les différentes branches de la Wehrmacht ainsi que pour les organisations du parti.
Cette pièce présente les caractéristiques typiques d'un sabre-baïonnette extra, une fabrication spéciale qui se distinguait de la version standard par des caractéristiques de qualité particulières et des éléments de conception individuels. La longue lame avec de larges gouttières correspond à la forme classique des baïonnettes militaires allemandes telles qu'elles furent développées depuis le 19ème siècle. Les gouttières servaient non seulement à réduire le poids mais aussi à renforcer la stabilité de la lame grâce à leur géométrie spéciale.
Particulièrement remarquable est l'inscription gravée à l'acide “Zur Erinnerung an meine Dienstzeit” (En souvenir de mon temps de service) sur le devant de la lame. De telles gravures personnalisées étaient courantes sur les armes blanches extra et étaient commandées par les soldats pour créer un souvenir personnel de leur temps militaire. Cette pratique avait une longue tradition dans la culture militaire allemande et remontait à la période impériale. Les soldats investissaient souvent des sommes considérables pour acquérir de telles armes de haute qualité et personnalisées qui allaient bien au-delà de l'équipement standard.
La monture (la poignée) de la baïonnette montre le nickelage typique qui était courant sur les armes blanches de la Wehrmacht. L'usure du nickelage décrite dans l'état de l'objet est un signe authentique d'utilisation réelle et de l'âge de la pièce. Contrairement aux baïonnettes de la SA ou de la SS, qui présentaient souvent des montures dorées ou argentées, la Wehrmacht utilisait habituellement des pièces métalliques nickelées.
L'intégralité de l'ensemble avec le cuir de protection et le bouchon de feutre vert est remarquable. Le cuir de protection servait à protéger le fourreau et à prévenir les dommages pendant le port, tandis que le bouchon de feutre protégeait la lame de l'humidité et empêchait l'arme de cliqueter dans le fourreau. La couleur verte du bouchon de feutre était caractéristique des versions de l'armée de terre, tandis que d'autres branches utilisaient des couleurs différentes.
Le dispositif de fixation à la ceinture (Koppelschuh) inclus permettait de fixer la baïonnette au ceinturon de l'uniforme. Le portépée, une boucle ou un gland décoratif, servait à l'origine à sécuriser l'arme au poignet, mais avait au 20ème siècle un caractère principalement décoratif et distinctif de grade. Différentes couleurs et versions du portépée indiquaient différents grades et utilisations.
La fabrication de tels sabres-baïonnettes extra se faisait en quantités limitées et sur commande individuelle. Alors que la Wehrmacht se procurait des baïonnettes standardisées en grandes quantités, les officiers, sous-officiers et soldats servant depuis longtemps faisaient fréquemment fabriquer de telles productions spéciales par les fabricants de Solingen. Solingen était et reste le centre de la fabrication allemande de lames et jouissait d'une réputation internationale pour la qualité de ses produits.
Dans le contexte de l'histoire militaire, de telles baïonnettes représentent d'importants témoignages de la culture matérielle de la Wehrmacht. Elles documentent non seulement les compétences artisanales des forgerons allemands, mais aussi la relation personnelle des soldats avec leur équipement. L'inscription “En souvenir de mon temps de service” montre que ces armes étaient conçues comme des souvenirs personnels, comparables à des cadeaux d'adieu ou à des distinctions honorifiques.
Aujourd'hui, de telles pièces présentent un intérêt historico-militaire et collectionneur. Elles permettent des aperçus sur l'histoire de l'uniformisation et de l'équipement de la Wehrmacht et documentent la continuité des traditions militaires. L'état général préservé avec tous les accessoires rend de tels ensembles particulièrement précieux pour la recherche historique et la documentation.