NSKOV - Journée d'honneur des victimes de guerre souabes Stuttgart 22.10.1933

Insigne en tôle, à épingle, fabricant : M.u.W. Stuttgart, état 2.
448616
25,00

NSKOV - Journée d'honneur des victimes de guerre souabes Stuttgart 22.10.1933

Cette plaque en tôle documente la Journée d'honneur des victimes de guerre souabes qui s'est tenue le 22 octobre 1933 à Stuttgart, organisée par le NSKOV (Nationalsozialistische Kriegsopferversorgung - Assistance nationale-socialiste aux victimes de guerre). Fabriqué par M.u.W. Stuttgart, ce badge représente un aspect important de la politique sociale et de la propagande nationale-socialiste dans les premières années suivant la prise de pouvoir.

Le NSKOV fut fondé en 1923 comme organisation subsidiaire du NSDAP pour soutenir les invalides de guerre, les veuves de guerre et les orphelins de guerre de la Première Guerre mondiale. Après la prise de pouvoir nazie en 1933, l'organisation fut massivement développée et servit d'instrument pour la coordination (Gleichschaltung) des associations existantes de victimes de guerre. En avril 1933, l'Obersturmbannführer Hanns Oberlindober fut nommé chef fédéral, et l'organisation commença à absorber ou dissoudre toutes les autres associations d'anciens combattants et de victimes de guerre.

L'événement de Stuttgart en octobre 1933 eut lieu pendant une période de consolidation nationale-socialiste intense. L'année 1933 fut caractérisée par la coordination systématique de toutes les organisations sociales. Le NSKOV joua un rôle important dans ce processus en intégrant les victimes de guerre de la Première Guerre mondiale dans le système national-socialiste et en les instrumentalisant à des fins de propagande.

Ces Journées d'honneur étaient des éléments centraux de la propagande nazie. Elles servaient plusieurs objectifs : premièrement, elles devaient démontrer la solidarité du nouveau régime avec les victimes de guerre, créant ainsi une légitimité. Deuxièmement, elles étaient utilisées pour cultiver la “légende du coup de poignard dans le dos” et les sentiments revanchards. Troisièmement, elles aidaient à préparer la population au réarmement et à l'expansion militaire à venir.

La fabrication de tels badges était une industrie significative dans la République de Weimar et le Troisième Reich. La société M.u.W. Stuttgart faisait partie des nombreuses entreprises de métallurgie spécialisées dans la production de badges, de plaques et de décorations militaires. Ces badges en tôle étaient typiquement fabriqués à partir de tôle estampée et embossée, souvent émaillée ou peinte, et équipés d'une construction simple à épingle au revers.

Stuttgart comme lieu de l'événement avait une importance particulière. La capitale du Wurtemberg était un centre important du NSDAP dans le sud-ouest de l'Allemagne. Le choix d'une Journée d'honneur régionale “souabe” souligne la stratégie des nationaux-socialistes d'utiliser les identités locales et régionales tout en exerçant un contrôle centralisé.

Les participants à de tels événements étaient obligés ou fortement encouragés à porter les badges correspondants. Ceux-ci servaient de billets d'entrée, de souvenirs et de signes de participation. Porter le badge démontrait publiquement le soutien à l'organisation et au régime. Pour les collectionneurs, ces badges représentaient des objets de collection convoités même à l'époque.

Le NSKOV atteignit plus de 800 000 membres en 1939, devenant l'une des plus grandes organisations de masse nazies. L'organisation administrait non seulement le soutien financier et les soins médicaux pour les victimes de guerre, mais servait également d'instrument de propagande important. Elle organisait régulièrement des événements, des rassemblements et des célébrations où les invalides de guerre étaient présentés comme des symboles vivants du “sacrifice pour la patrie”.

Du point de vue actuel, de tels badges sont des documents historiques importants. Ils illustrent les mécanismes de la propagande nazie, la coordination de la société et l'instrumentalisation des victimes de guerre à des fins politiques. En même temps, ils soulèvent des questions sur le soutien social authentique et son enchevêtrement avec l'endoctrinement idéologique.

La préservation et l'examen scientifique de tels objets sont essentiels pour la compréhension historique de l'ère nazie. Ils complètent les sources écrites et aident à comprendre la réalité quotidienne et la pénétration de la société par les organisations national-socialistes. Les musées et les archives préservent de tels objets comme témoignages d'une époque sombre de l'histoire allemande.