Royaume de Württemberg Tunique pour un Gefreiter (caporal suppléant) du Régiment de Dragons König (2e Württemberg) No. 26

Garnison Stuttgart. Pièce de chambrée vers 1910. La tunique en drap bleu clair avec col droit jaune, parements de manches et passepoil sur le plastron, boutons en maillechort, sur les épaules boutons du 2e Escadron, sans pattes d'épaule, au col les boutons aux armoiries pour le Gefreiter. Intérieur avec doublure en toile blanche et vert olive, dans la doublure beau tampon de chambrée “D.R. 26 gb XIII”. Le col à droite avec trous de mites, sur l'épaule droite à l'arrière un petit trou, diverses petites réparations d'époque. État 2-.
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750,00

Royaume de Württemberg Tunique pour un Gefreiter (caporal suppléant) du Régiment de Dragons König (2e Württemberg) No. 26

Cette tunique (Waffenrock) d'un caporal (Gefreiter) du Régiment de Dragons du Roi (2e Wurtemberg) n° 26 représente un témoignage significatif de l'histoire militaire wurtembergeoise à la fin de l'ère impériale. Confectionnée vers 1910, cette pièce d'uniforme documente non seulement la tradition militaire du Royaume de Wurtemberg, mais aussi les règlements d'uniforme précis et la hiérarchie sociale au sein de l'armée impériale allemande.

Le Régiment de Dragons du Roi n° 26 était l'une des unités de cavalerie les plus prestigieuses du Royaume de Wurtemberg. La désignation “König” (Roi) indique le patronage spécial du monarque wurtembergeois, ce qui conférait au régiment un statut exceptionnel. Faisant partie des forces contingentes wurtembergeoises au sein de l'Empire allemand, le régiment était stationné à Stuttgart, où il jouait un rôle important dans la structure militaire et sociale de la capitale du Land.

L'uniforme lui-même suit les stricts règlements vestimentaires de l'Armée royale wurtembergeoise. La couleur de base bleu clair caractéristique du drap était le trait distinctif traditionnel de la cavalerie wurtembergeoise et se distinguait nettement des contingents prussiens et autres allemands. La coloration jaune sur le col, les parements des manches et le passepoil de poitrine était l'insigne spécifique des régiments de dragons et permettait une identification immédiate de l'arme.

Le tampon de chambre dans la doublure de la tunique revêt une importance historique particulière : “D.R. 26 gb XIII”. Ce tampon documente l'appartenance à la chambre régimentaire du Régiment de Dragons 26 et la désignation de taille. La chambre était responsable de la gestion et de la distribution des articles d'équipement et tenait des registres méticuleux de toutes les pièces d'uniforme distribuées. De tels tampons sont des caractéristiques importantes de provenance et confirment l'authenticité de la pièce.

Les boutons en maillechort correspondent aux règlements pour les troupes wurtembergeoises. Particulièrement révélateurs sont les boutons sur les épaules, qui indiquent l'appartenance au 2e Escadron. Dans la cavalerie, l'escadron (Eskadron) était l'unité tactique de base, comparable à la compagnie dans l'infanterie. La numérotation des escadrons s'effectuait par des boutons spéciaux ou d'autres insignes qui permettaient une identification rapide sur le terrain.

Le grade de Gefreiter (caporal) est indiqué par les boutons d'armoiries spéciaux sur le col. Le Gefreiter était le grade de sous-officier le plus bas dans l'armée impériale, un stade intermédiaire entre le soldat ordinaire et le sous-officier. Ce grade était attribué pour une fiabilité et un service particuliers et apportait certains privilèges, même si les titulaires n'étaient pas encore considérés comme des sous-officiers à part entière. L'absence d'épaulettes est caractéristique de la pratique de l'époque, car celles-ci étaient souvent conservées séparément ou changées pour différentes occasions.

La construction de la tunique démontre la haute qualité artisanale de la taillerie militaire de l'époque. La doublure en lin blanc et vert olive servait non seulement à la durabilité et au confort de port, mais aussi à des fins pratiques. L'utilisation de différents matériaux de doublure était précisément réglementée dans les règlements d'uniforme et contribuait à la longévité de pièces d'uniforme coûteuses.

Les réparations contemporaines et les signes d'usure existants, y compris les trous de mites sur le col et le petit trou sur l'épaule droite, constituent des preuves historiquement précieuses. Ils documentent que cette tunique a été effectivement portée et n'était pas simplement une pièce d'apparat. Les réparations montrent également la réalité économique de l'époque, dans laquelle même les uniformes militaires étaient soigneusement entretenus et réparés.

Dans le contexte de la mode militaire vers 1910, l'armée prussienne-allemande était dans une phase de transition. Alors que les uniformes traditionnels plus colorés étaient encore utilisés pour les parades et les tenues de sortie, des uniformes gris de campagne avaient déjà été introduits pour l'usage sur le terrain. La tunique représente ainsi l'une des dernières époques où les traditions régimentaires historiques étaient encore visiblement exprimées dans les uniformes.

Les troupes wurtembergeoises avaient une histoire longue et fière remontant au XVIIIe siècle. Le Royaume de Wurtemberg conserva une certaine autonomie militaire dans l'Empire allemand après 1871 et maintint ses propres règlements d'uniforme et traditions. Cette identité régionale se reflète clairement dans la conception de cette tunique.

Aujourd'hui, de telles pièces d'uniforme sont d'importants objets de musée qui documentent non seulement des aspects militaro-historiques, mais fournissent également des aperçus sur l'artisanat textile, les structures sociales et les identités régionales de l'ère wilhelminienne. Elles sont des témoins matériels d'un monde qui a irrémédiablement disparu avec la Première Guerre mondiale.