République Fédérale d'Allemagne (RFA) Shako de Police pour Hommes du Rang, Land de Schleswig Holstein
Le shako de police du Schleswig-Holstein datant du milieu des années 1950 représente une phase de transition importante dans l'histoire des uniformes de police allemands après la Seconde Guerre mondiale. Ce modèle spécifique de couvre-chef pour les hommes du rang documente la réorganisation des forces de police dans la jeune République fédérale d'Allemagne et reflète les efforts visant à établir une identité policière démocratique indépendante.
Après la capitulation sans condition de l'Allemagne en mai 1945, l'autorité policière appartenait initialement aux puissances d'occupation alliées. Avec la fondation de la République fédérale d'Allemagne le 23 mai 1949, un processus graduel de restauration de la souveraineté policière allemande a commencé. Cependant, conformément au principe fédéral de la Loi fondamentale, la police est restée une compétence des États fédérés. Chaque Land a développé ses propres structures policières, uniformes et équipements, en incorporant délibérément certains éléments traditionnels de l'histoire de la police allemande.
Le shako comme couvre-chef possède une longue tradition militaire remontant au début du XIXe siècle. Originaire de Hongrie, ce couvre-chef cylindrique caractéristique s'est rapidement répandu dans les armées et les unités de police européennes. En Allemagne, le shako est devenu un symbole d'autorité militaire et policière, particulièrement en Prusse. L'utilisation de ce type traditionnel de couvre-chef dans les années 1950 représentait un lien conscient avec la tradition policière prusso-allemande, tout en évitant le symbolisme militariste de l'ère nazie.
Cet exemplaire a été fabriqué en fibre vulcanisée, un matériau utilisé pour les couvre-chefs militaires et policiers depuis la fin du XIXe siècle. La fibre vulcanisée est un matériau produit par traitement de la cellulose avec des sels de zinc, caractérisé par une haute résistance, une imperméabilité et un poids relativement léger. Elle offrait une alternative économique au cuir ou au métal et était particulièrement pratique dans la période d'après-guerre, lorsque les ressources étaient rares.
Un élément central de ce shako est la grande étoile de police argentée sur le devant. L'étoile comme symbole de la police avait déjà été établie sous la République de Weimar et a été réadoptée après 1945 pour signaler la continuité du maintien de l'ordre démocratique. Au centre de l'étoile se trouve les armoiries du Schleswig-Holstein, montrant les deux lions héraldiques représentant les régions historiques du Schleswig et du Holstein. Cette combinaison de symbole policier général et d'armoiries régionales illustre la structure fédérale de la police ouest-allemande.
La jugulaire en cuir noir, attachée au bouton 91, servait à fixer le shako par vent et intempéries ainsi que lors d'activités physiques. Le numéro de bouton 91 était une désignation standardisée indiquant des spécifications particulières de fabrication ou d'approvisionnement. La cocarde laquée aux couleurs nationales noir-rouge-or représentait la nouvelle République fédérale démocratique et se distinguait ainsi clairement des symboles du “Troisième Reich”.
L'aménagement intérieur avec doublure lacée était typique des couvre-chefs de cette période. Le laçage consistait en des bandes de cuir qui assuraient un meilleur ajustement et une meilleure ventilation, augmentant le confort de port. La taille 56 correspond à une circonférence de tête moyenne et était une taille standard courante.
La période de port vers 1955 s'inscrit dans une phase de développement intensif de la police ouest-allemande. Au Schleswig-Holstein, le Land le plus septentrional ayant une importance stratégique particulière à la frontière avec l'Allemagne de l'Est et la mer Baltique, la police a été systématiquement modernisée. La conception de l'uniforme devait projeter l'autorité tout en paraissant accessible aux citoyens et en se distinguant clairement des formations militaires.
Dans les années suivantes, cependant, le shako a été progressivement remplacé par des couvre-chefs plus modernes. Les exigences pratiques du service de police, l'évolution du climat social et les développements internationaux ont conduit à une simplification et une modernisation des uniformes de police. Aujourd'hui, les shakos ne sont visibles que lors d'occasions spéciales ou de reconstitutions historiques.
Cet objet documente ainsi non seulement la culture matérielle de la police allemande dans l'après-guerre, mais aussi le processus difficile de réorientation démocratique d'une institution gravement compromise pendant le national-socialisme. Il représente symboliquement la tentative de s'appuyer sur des traditions positives tout en marquant une rupture claire avec le passé récent.