Dague d'Officier de l'Armée Chinoise vers 1924 - 1949.

Lame de dague à double tranchant nickelée avec gouttière centrale sans indication de fabricant, poignée en bois recouverte de vernis transparent, celle-ci ornée de caractères chinois sur les côtés, guipage en fil métallique intact, poignée et pommeau recouverts de plaques de laiton fines, plaques richement décorées, courte quillon en laiton se terminant par des sphères, fourreau en acier nickelé avec garnitures en laiton, avec sabot de ceinturon. Dague exceptionnellement rare. État 2-


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1.250,00

Dague d'Officier de l'Armée Chinoise vers 1924 - 1949.

Le poignard d'officier de l'armée chinoise de la période 1924 à 1949 représente une époque fascinante de l'histoire militaire chinoise, marquée par des bouleversements politiques, des guerres civiles et la modernisation des forces armées. Cette époque englobe la fin de l'ère des seigneurs de guerre, la décennie de Nankin sous le gouvernement du Kuomintang et la dévastatrice Seconde Guerre sino-japonaise (1937-1945), ainsi que la phase finale de la guerre civile chinoise.

Après l'effondrement de la dynastie Qing en 1911 et la mort de Yuan Shikai en 1916, la Chine s'est fragmentée en centres de pouvoir régionaux contrôlés par divers gouverneurs militaires, les seigneurs de guerre. Cette période de fragmentation a duré jusqu'à la réunification partielle de la Chine par Tchang Kaï-chek et le Kuomintang à la fin des années 1920. Les unités militaires de cette époque étaient extrêmement diverses dans leur organisation, leur équipement et leurs uniformes.

Les poignards d'officier de cette période reflétaient à la fois l'artisanat traditionnel chinois et les influences militaires modernes. La lame de poignard à double tranchant avec une gouttière centrale suivait une norme internationale que l'on retrouvait dans de nombreux poignards militaires européens du début du XXe siècle. Le nickelage de la lame servait à la fois des objectifs esthétiques et pratiques, offrant une protection contre la corrosion et donnant au porteur une apparence soignée.

Ce qui est particulièrement remarquable dans ces poignards d'officier, c'est la combinaison d'éléments de conception occidentaux et chinois. La poignée en bois recouverte de vernis transparent avec des caractères chinois démontre la préservation de l'identité culturelle malgré la modernisation militaire selon le modèle occidental. Les caractères chinois sur la poignée pouvaient avoir diverses significations : des vertus militaires comme la loyauté, le courage et l'honneur, mais aussi des inscriptions de propriété ou des marques de fabricant.

L'enroulement de fil sur la poignée était une nécessité pratique qui garantissait une prise sûre même dans des conditions humides. Cette technique était répandue dans les poignards militaires du monde entier et avait fait ses preuves depuis des siècles. La décoration élaborée des plaques de laiton sur la poignée et le pommeau indique le statut du poignard en tant qu'insigne de grade pour les officiers. Dans la société militaire hiérarchisée de cette époque, de telles caractéristiques distinctives revêtaient une grande importance.

La courte garde en laiton se terminant par des sphères est une caractéristique typique de nombreux poignards d'officier chinois de cette période. Cette conception offrait à la fois une protection de la main et une élégance esthétique. L'utilisation du laiton pour les garnitures et la garde était répandue, car ce matériau était non seulement décoratif mais aussi relativement résistant à la corrosion.

Le fourreau en acier nickelé avec garnitures en laiton et crochet de ceinture complète l'apparence typique de ces poignards d'officier. Le crochet de ceinture permettait de porter le poignard à la ceinture d'officier, marquant le poignard comme partie intégrante de l'uniforme d'officier. Pendant cette période, le poignard s'est de plus en plus transformé d'une arme pratique en un insigne symbolique de grade.

La période de 1924 à 1949 a été d'une importance énorme pour la Chine. L'Expédition du Nord (1926-1928) sous Tchang Kaï-chek a conduit à la réunification nominale du pays. La décennie de Nankin qui a suivi (1927-1937) a été une phase de stabilité relative et de modernisation au cours de laquelle l'Armée révolutionnaire nationale a été réorganisée selon le modèle allemand. Les conseillers militaires allemands tels que Hans von Seeckt et Alexander von Falkenhausen ont joué un rôle important dans la modernisation des forces chinoises.

L'invasion japonaise de la Chine en 1937 a brutalement interrompu ces efforts de modernisation. Pendant la guerre de huit ans contre le Japon, les troupes du Kuomintang et les forces communistes sous Mao Zedong ont combattu contre l'ennemi commun, bien que leur alliance soit restée fragile. Après la reddition japonaise en 1945, la guerre civile entre nationalistes et communistes a éclaté avec toute sa force et s'est terminée en 1949 par la victoire communiste et l'établissement de la République populaire de Chine.

Les poignards d'officier comme l'exemplaire décrit sont aujourd'hui des objets de collection exceptionnellement rares, car beaucoup ont été perdus ou détruits pendant les années tumultueuses de guerre et de révolution. Ce sont des artefacts historiques importants qui donnent un aperçu de la culture militaire d'une période transformatrice de l'histoire chinoise. Chaque exemplaire survivant porte l'histoire silencieuse d'une époque où la Chine luttait pour son identité politique et son intégrité territoriale tout en s'efforçant de devenir une nation moderne.