République Fédérale d'Allemagne (RFA) Shako de Police pour Hommes de Troupe, Land de Schleswig Holstein

Port vers 1955. Shako noir en fibre vulcanisée. À l'avant, grande étoile de police couleur argent, au centre les armoiries du Schleswig Holstein, jugulaire en cuir noir fixée au bouton 91. Cocarde laquée. Intérieur avec coiffe cousue. Taille 56. État 2.
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190,00

République Fédérale d'Allemagne (RFA) Shako de Police pour Hommes de Troupe, Land de Schleswig Holstein

Le shako de police du Schleswig-Holstein datant du milieu des années 1950 représente une phase de transition significative dans l'histoire de la police allemande après la Seconde Guerre mondiale. Après la création de la République fédérale d'Allemagne en 1949, les forces de police nouvellement établies des différents Länder devaient développer leur propre identité et traditions tout en rompant simultanément avec le passé chargé de l'ère nationale-socialiste.

Cette coiffure provient d'une époque où les Länder de l'Allemagne de l'Ouest commençaient à réorganiser leurs forces de police. Le Schleswig-Holstein, en tant que Land le plus septentrional, développa sa propre structure policière sous occupation britannique, puis en tant que partie de la jeune République fédérale. Le shako, une coiffure militaire traditionnelle de forme cylindrique, fut développé au XIXe siècle et connut une large utilisation parmi les unités militaires et policières européennes.

La fabrication en fibre vulcanisée était typique de l'après-guerre. Ce matériau, un produit cellulosique durci, offrait plusieurs avantages : il était économique, relativement léger et résistant aux intempéries. Durant les années économiquement difficiles suivant la guerre, c'était une alternative pratique aux matériaux plus coûteux. La couleur noire correspondait à la palette traditionnelle des uniformes de police allemands et symbolisait l'autorité et le sérieux.

La grande étoile de police argentée à l'avant servait de marque d'identification centrale de la police. En son centre se trouvait les armoiries du Schleswig-Holstein, affichant les deux lions du Schleswig et la feuille d'ortie du Holstein. Cette combinaison soulignait la structure fédérale de la République fédérale, où l'autorité policière appartenait aux Länder plutôt qu'au gouvernement fédéral. Chaque Land développait sa propre organisation policière avec des réglementations uniformes et des insignes spécifiques.

La jugulaire en cuir noir, attachée au bouton 91, remplissait la fonction pratique de sécuriser la coiffure lors de vent ou de mouvements rapides. La numérotation des boutons suivait les traditions militaires et policières permettant une production standardisée et l'interchangeabilité. La cocarde laquée était un autre élément traditionnel, portant souvent les couleurs du Land ou des symboles nationaux.

L'indication de taille 56 correspond au système allemand de mesure des chapeaux, qui indique la circonférence de la tête en centimètres. La doublure à pattes à l'intérieur était une technique de fabrication de haute qualité où la doublure était attachée avec des bandes de cuir (pattes), améliorant le confort et la durabilité.

La période de port vers 1955 correspond à une époque de développements significatifs. La République fédérale connaissait son miracle économique, le réarmement était en discussion, et la police devait définir son rôle dans la nouvelle société démocratique. Les uniformes de police de cette époque tentaient d'équilibrer l'autorité nécessaire avec une rupture avec les traditions militaristes.

Les shakos pour les hommes du rang différaient de ceux des grades supérieurs par une exécution plus simple et une ornementation moins élaborée. Cela reflétait la structure hiérarchique de l'organisation policière, qui adaptait les systèmes de grades militaires. La distinction entre le personnel de base, les sous-officiers et les fonctionnaires supérieurs était clairement visible dans l'uniforme.

Au cours des décennies suivantes, ces coiffures traditionnelles furent progressivement remplacées par des casquettes à visière plus pratiques. Le shako disparut graduellement du service policier quotidien mais fut partiellement conservé pour les défilés et les occasions cérémonielles. Cette évolution reflétait une modernisation et une professionnalisation générale de la police.

Aujourd'hui, de tels shakos de police des années 1950 sont d'importants documents historiques. Ils illustrent le développement de la police allemande après 1945 et documentent la diversité fédérale de la République fédérale. Pour les collectionneurs et les historiens, ils offrent des aperçus sur la culture matérielle, l'artisanat et l'identité institutionnelle de la première République fédérale.

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