Casque à chenille bavarois Modèle 1868 pour hommes de troupe d'un régiment d'infanterie

Vers 1870. Complet avec toutes les garnitures en laiton. Grande plaque de casque en relief avec couronne sur “L”, jugulaire en cuir fixée latéralement sur des supports à tête de lion, à gauche avec la cocarde. La jugulaire en cuir était déchirée et a été restaurée au verso. Chenille en laine sur la crête, légèrement décolorée. Intérieur avec coiffe en cuir renforcée. Taille 56. État 2.
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1.100,00

Casque à chenille bavarois Modèle 1868 pour hommes de troupe d'un régiment d'infanterie

Le Raupenhelm bavarois modèle 1868 représente un chapitre important dans l'histoire des uniformes militaires allemands du XIXe siècle. Après la guerre austro-prussienne de 1866, au cours de laquelle la Prusse sortit victorieuse contre l'Autriche et ses alliés – dont la Bavière – le royaume de Bavière se vit contraint de moderniser son équipement militaire tout en préservant son identité distincte.

L'introduction du modèle 1868 eut lieu pendant une période de réformes profondes de l'armée bavaroise. Bien que la Bavière tombât de plus en plus sous l'influence prussienne après 1866, le royaume conserva son administration militaire indépendante et ses styles d'uniformes caractéristiques. Le Raupenhelm (casque à chenille) se distinguait nettement du Pickelhelm prussien (casque à pointe) par sa crête en laine, qui lui donnait son nom distinctif.

La construction du casque reposait sur un corps en cuir pressé, dont la forme remplissait à la fois des fonctions protectrices et représentatives. Les garnitures en laiton utilisées sur les casques de la troupe étaient considérablement plus simples que les garnitures argentées ou dorées des casques d'officiers, mais répondaient néanmoins aux normes élevées d'artisanat de l'époque. L'emblème du casque proéminent affichait la couronne royale bavaroise au-dessus du monogramme “L” pour le roi Louis II, qui régna de 1864 à 1886.

La période autour de 1870 fut particulièrement significative pour l'armée bavaroise. Pendant la guerre franco-prussienne de 1870-71, les troupes bavaroises combattirent aux côtés de la Prusse contre la France. Les régiments d'infanterie bavarois portèrent leurs Raupenhelme caractéristiques lors des batailles de Wörth, Weißenburg et pendant le siège de Paris. L'expérience pratique du combat révéla à la fois les forces et les faiblesses de cette coiffure.

La chenille en laine sur la crête du casque servait plusieurs objectifs. Elle était destinée à détourner les coups de sabre, à rendre la silhouette du soldat plus imposante au combat et à aider à distinguer les différentes armes. La laine était sensible aux effets météorologiques et à la décoloration, ce qui peut être observé sur de nombreux spécimens survivants.

Les attaches en tête de lion pour les jugulaires à écailles étaient caractéristiques des casques bavarois et différaient des versions prussiennes. Le côté gauche portait traditionnellement la cocarde bavaroise aux couleurs de l'État, blanc et bleu, tandis que le côté droit, après la fondation de l'Empire en 1871, affichait fréquemment la cocarde impériale noir-blanc-rouge.

La doublure intérieure consistait en cuir capitonné, conçu pour augmenter le confort de port et améliorer l'absorption de la transpiration. Les désignations de taille suivaient le système standard de l'époque, la taille 56 correspondant à un tour de tête d'environ 56 centimètres.

Après la fondation de l'Empire allemand en 1871, la Bavière conserva son indépendance militaire en temps de paix, mais les uniformes devinrent de plus en plus standardisés. Le Raupenhelm resta en usage jusqu'aux années 1880 avant d'être remplacé par des coiffures plus modernes.

La préservation de tels casques était déjà un défi à l'époque. Le cuir nécessitait un entretien régulier, les garnitures en laiton devaient être polies, et la chenille en laine était particulièrement vulnérable aux mites et à l'humidité. Les réparations des courroies en cuir étaient courantes et étaient effectuées à la fois pendant la période de service actif et plus tard lors de la conservation comme objets historiques militaires.

Aujourd'hui, les Raupenhelme bavarois modèle 1868 bien préservés sont des objets de collection recherchés qui constituent des témoins importants de l'histoire militaire allemande. Ils documentent non seulement la qualité artisanale de la fabrication de l'époque, mais aussi les développements politiques et militaires dans l'Allemagne du XIXe siècle. Chaque casque survivant raconte l'histoire d'une époque au cours de laquelle l'Allemagne moderne prenait forme et où la Bavière cherchait son identité entre indépendance et intégration dans l'Empire.

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