Czapka prussien Modèle 1843 pour hommes du rang du Westpreußisches Ulanen-Regiment Nr. 1

Garnison de Militsch, Prusse occidentale. Pièce de chambre, vers 1843. Czapka lourd en cuir noir avec couvre-nuque blanc cousu de façon permanente sur armature en jonc d'Espagne, complet avec toutes les garnitures. L'aigle doré est monté à l'avant du col directement sous le dessus sur le couvre-nuque blanc, cordon rond blanc courant autour du col. La visière avant encore sans bordure métallique, la visière arrière “repliée en position fixe.” Chaînes à écailles bombées dorées sur rosettes à passant. Complet avec grand insigne de campagne prussien fixé. Intérieur avec bandeau de sueur lacé. Taille 57. Accompagné de la jugulaire assortie dans l'exécution ancienne avec grands glands. Légers signes de vieillissement, le couvre-nuque avec trous de mites, encore conservé à environ 80%, la boucle pour la jugulaire manque.

Très rare, dès 1844 l'aigle reçut le médaillon ovale “FWR.”
294000
4.500,00

Czapka prussien Modèle 1843 pour hommes du rang du Westpreußisches Ulanen-Regiment Nr. 1

Le Tschapka (également connu sous le nom de Czapka) représente l'une des coiffures militaires les plus distinctives de l'histoire militaire européenne. Cet exemplaire du modèle 1843 pour hommes de troupe du régiment de uhlans de Prusse occidentale n° 1 documente une phase de transition importante dans l'uniformologie militaire prussienne sous le règne de Frédéric-Guillaume IV.

Le régiment de uhlans de Prusse occidentale n° 1 était en garnison à Militsch dans la province de Prusse occidentale et appartenait aux unités de cavalerie traditionnelles de l'armée prussienne. Les uhlans, à l'origine un type de cavalerie polonaise, furent adoptés par de nombreuses armées européennes au cours du XVIIIe siècle, conservant leur coiffure caractéristique – le Tschapka.

Le modèle 1843 représente un stade de développement spécifique de cette coiffure. La construction en cuir noir avec une housse blanche fermement cousue sur roseau espagnol correspondait aux techniques de fabrication de l'époque. La housse, la partie supérieure du Tschapka, était traditionnellement exécutée dans diverses couleurs, le blanc étant un choix courant pour les régiments de uhlans prussiens. La fixation sur roseau espagnol (un matériau de canne flexible) permettait une certaine élasticité de la construction.

L'aigle doré monté sur le col directement sous le sommet de la housse blanche est particulièrement remarquable. Cet aigle prussien était l'emblème national central et identifiait clairement le porteur comme membre des forces armées prussiennes. Le cordon rond blanc entourant le col servait à la fois des objectifs décoratifs et fonctionnels en dissimulant la jonction entre différents matériaux.

Une caractéristique du modèle 1843 est la visière avant sans bordure métallique. Les modèles ultérieurs reçurent des bandes métalliques de renfort sur les bords de la visière pour améliorer leur durabilité. La visière arrière fermement relevée était typique des premiers modèles de Tschapka et devait protéger la nuque du porteur contre les conditions météorologiques et les coups de sabre.

Les chaînes à écailles dorées bombées fixées à des rosettes de passage servaient de jugulaires et devaient empêcher la coiffure d'être perdue lors de mouvements rapides ou au combat. Ces chaînes à écailles étaient une caractéristique distinctive des Tschapkas prussiens et différaient des simples lanières en cuir d'autres armées.

L'insigne de campagne prussien attaché était une autre caractéristique d'identification importante. Ces cocardes et insignes variaient selon le régiment et la période et permettaient une reconnaissance rapide de l'affiliation de l'unité sur le champ de bataille.

La doublure intérieure en cuir absorbant à lacets (un cuir spécialement tanné et souple avec des languettes pour l'ajustement de la taille) offrait un confort de port et une absorption de la transpiration. La taille indiquée 57 correspond à un tour de tête de 57 centimètres.

La dragonne d'accompagnement dans un style ancien avec de grands glands était un autre accessoire d'uniforme important. Les dragonnes servaient à l'origine à sécuriser les sabres dégainés ou autres armes au poignet, mais évoluèrent de plus en plus vers des éléments purement décoratifs indiquant le rang militaire et l'arme.

D'une importance historique particulière est la mention que dès 1844 – seulement un an après l'introduction de ce modèle – une modification eut lieu : l'aigle reçut un médaillon ovale avec l'inscription “FWR” (Friedrich Wilhelm Rex), identifiant Frédéric-Guillaume IV comme monarque régnant. Ce changement rapide démontre la nature dynamique des règlements d'uniforme pendant cette période et fait du modèle 1843 dans sa forme originale un objet de collection rare.

Le Tschapka resta un élément caractéristique de l'uniforme des uhlans dans l'armée prussienne puis allemande jusqu'au début du XXe siècle. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut de plus en plus remplacé par des coiffures plus pratiques mais resta dans l'uniforme de parade. Aujourd'hui, les exemplaires bien conservés du modèle 1843 ont une valeur historique militaire considérable et documentent la qualité artisanale et l'esthétique militaire du milieu du XIXe siècle.

r