HJ - Carte de membre de la Hitlerjugend d'un garçon de l'Unterbann Segeberg

Membre de la HJ depuis le 5.6.1933, état d'usage.
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HJ - Carte de membre de la Hitlerjugend d'un garçon de l'Unterbann Segeberg

Cette carte de membre de la Jeunesse hitlérienne documente l'adhésion d'un garçon au Unterbann Segeberg à partir du 5 juin 1933, une date significative durant la phase de consolidation précoce du régime nazi. Ce document représente non seulement une pièce d'identité personnelle, mais aussi un témoignage de l'enregistrement systématique et de l'endoctrinement de la jeunesse allemande sous le Troisième Reich.

La Jeunesse hitlérienne (Hitlerjugend, HJ) fut créée en 1926 comme organisation de jeunesse du NSDAP, mais n'atteignit sa position dominante qu'après la prise de pouvoir nazie en 1933. La date du 5 juin 1933 se situe dans la période immédiate suivant la prise de pouvoir nazie, lorsque la mise au pas (Gleichschaltung) de toutes les organisations de jeunesse était systématiquement poursuivie. En avril 1933, Baldur von Schirach fut nommé chef de la jeunesse du Reich allemand, marquant le début de la monopolisation du travail de jeunesse.

Le Unterbann Segeberg était une unité administrative au sein de la structure hiérarchique de la HJ. L'organisation était divisée en différents niveaux : la Direction de la jeunesse du Reich se trouvait au sommet, suivie des Obergebiete (régions supérieures), des Gebiete (régions), des Banne (divisions) et des Unterbanne (subdivisions). Un Unterbann comprenait généralement plusieurs troupes et correspondait approximativement à un district. Segeberg, situé dans l'actuel Schleswig-Holstein, faisait partie de la région HJ Nordmark, qui englobait les zones nordiques du Reich allemand.

La carte de membre de la HJ elle-même était un document officiel confirmant l'adhésion et contenant diverses données personnelles. Y étaient généralement enregistrés : nom, date de naissance, date d'entrée, numéro de membre, caractéristiques physiques telles que la taille et la couleur des cheveux, ainsi qu'une photographie. La carte servait également à documenter les promotions, les distinctions et la participation aux cours de formation ou aux camps. Le port d'une telle carte était obligatoire pour tous les membres de la HJ et faisait l'objet d'inspections régulières.

L'adhésion précoce à partir de juin 1933 est remarquable car à cette époque, l'adhésion à la HJ n'était pas encore légalement obligatoire. L'adhésion obligatoire ne fut pleinement appliquée qu'avec la loi sur la Jeunesse hitlérienne du 1er décembre 1936 et l'ordonnance d'application du 25 mars 1939. Les garçons qui adhérèrent en 1933 le firent souvent sous la pression familiale, la pression de conformité sociale, ou par enthousiasme sincère pour le mouvement national-socialiste, encore perçu par beaucoup comme un renouveau prometteur.

Les activités de la HJ étaient diverses et visaient une éducation idéologique, physique et prémilitaire complète. Elles comprenaient des exercices de terrain, des manifestations sportives, des marches, des camps et des formations idéologiques. Les garçons étaient organisés en Kameradschaften (camaraderies) d'environ 15 membres, qui étaient à leur tour regroupées en Scharen (troupes), Gefolgschaften (suivis) et unités supérieures. L'exercice militaire et l'accent mis sur l'obéissance, la discipline et le sens du sacrifice caractérisaient le programme éducatif.

L'état usagé de cette carte indique une utilisation effective sur une période prolongée. De tels documents étaient régulièrement présentés et tamponnés, portés lors d'événements et servaient de preuve d'adhésion. Les traces d'usure, les inscriptions et les tampons racontent l'histoire individuelle de leur porteur et documentent sa participation à la vie de la HJ.

D'un point de vue historique, les cartes de membre de la HJ sont d'importantes sources primaires pour la recherche sur la politique de jeunesse nazie et l'histoire quotidienne du Troisième Reich. Elles permettent de tirer des conclusions sur les modèles de recrutement, les structures organisationnelles régionales et les trajectoires biographiques individuelles. En même temps, elles servent de monuments commémoratifs à l'instrumentalisation et à l'endoctrinement systématiques de toute une génération.

Aujourd'hui, de tels documents présentent un intérêt historique militaire et contemporain. Ils sont conservés dans les musées, les archives et les collections privées et servent la recherche et l'éducation historiques. La manipulation de tels objets nécessite une sensibilité historique et une contextualisation claire pour clarifier leur signification en tant que témoignages d'un régime criminel.

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