Prusse Plaque de Bonnet à Poil pour Officiers du Régiment de Hussards König Wilhelm I. (1er Rhénan) No. 7

vers 1900. Le bandeau avec chiffre couronné “WR I”, métal doré avec arêtes polies, attaches fendues remplacées, sinon légèrement porté, en bon état de conservation. État 2-

Hauteur 90mm
194221
380,00

Prusse Plaque de Bonnet à Poil pour Officiers du Régiment de Hussards König Wilhelm I. (1er Rhénan) No. 7

L'emblème de bonnet à poil pour officiers du Régiment de Hussards König Wilhelm I (1er Rhénan) No. 7 représente un témoignage significatif de la tradition militaire prussienne de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle. Ce bandeau, fabriqué vers 1900 et orné du chiffre couronné “WR I”, incarne le lien entre le pouvoir monarchique et la tradition militaire dans l'Empire allemand.

Le Régiment de Hussards No. 7 fut créé en 1815 après les guerres de libération en tant que 1er Régiment de Hussards Rhénan et reçut sa garnison à Bonn. L'unité porta d'abord diverses désignations jusqu'à ce qu'elle reçoive le nom honorifique “König Wilhelm I” en 1861, lorsque le roi de Prusse de l'époque et futur empereur allemand Guillaume Ier en assuma la charge de chef de régiment. Cette tradition de la direction régimentaire par le monarque était caractéristique de l'armée prussienne et devait exprimer le lien spécial entre le souverain et les troupes.

Le bonnet à poil (également appelé Kolpak) était une coiffure traditionnelle des hussards qui avait ses origines dans la cavalerie hongroise. Les hussards prussiens adoptèrent cette tradition au 18ème siècle. La forme haute et cylindrique en fourrure—généralement en peau d'ours ou de phoque—avec l'aile caractéristique (une poche pendante) n'était pas seulement pratique, mais donnait aussi aux hussards leur apparence élégante et distinctive. L'emblème sur la partie avant du bonnet, le bandeau, servait de caractéristique distinctive la plus importante.

Le chiffre couronné “WR I” sur ce bandeau signifie Wilhelm Rex I (Roi Guillaume I) et présente la couronne prussienne. L'utilisation de la désignation latine “Rex” était courante dans l'armée prussienne et soulignait le caractère monarchique de l'armée. La dorure du métal et les bords polis étaient typiques des insignes d'officiers et les distinguaient clairement des versions plus simples portées par les hommes de troupe.

L'exécution technique de l'emblème correspond aux règlements d'uniforme de l'armée prussienne vers 1900. Selon l'Adjustierungsvorschrift für die königlich preußische Armee (Règlement d'uniforme pour l'armée royale prussienne), la forme, la taille et le matériau des insignes étaient précisément spécifiés. Les officiers portaient des emblèmes dorés en métal (un alliage de cuivre), tandis que les hommes de troupe et les sous-officiers avec dragonne recevaient des versions en laiton doré. La fixation s'effectuait au moyen de goupilles fendues qui étaient poussées à travers la fourrure du bonnet et repliées à l'intérieur.

Le 1er Régiment de Hussards Rhénan No. 7 fut stationné pendant toute son existence dans la province rhénane, d'abord à Bonn, puis également dans d'autres garnisons rhénanes. L'unité participa aux guerres d'unification allemandes, particulièrement à la guerre franco-prussienne de 1870/71, où elle se distingua dans plusieurs engagements. Ces succès militaires renforcèrent le lien entre le régiment et son chef royal.

Vers 1900, époque de création de cet emblème, l'Empire allemand sous l'empereur Guillaume II était dans une phase de réarmement et de prestige militaire accru. Les hussards étaient considérés comme la cavalerie d'élite et jouissaient d'une haute considération sociale. Détenir une commission d'officier chez les hussards signifiait appartenir à la classe supérieure militaire et sociale du Reich.

L'uniformisation des hussards était particulièrement élaborée et coûteuse. Les officiers devaient se procurer eux-mêmes leurs uniformes et équipements, ce qui nécessitait des moyens financiers considérables. Un emblème de bonnet à poil complet comme celui décrit ici était commandé auprès de fabricants spécialisés en effets militaires. Des entreprises renommées telles que C. Ziercke à Berlin, S. Fränkel & Co., ou Gebrüder Grünewald à Bonn fabriquaient de tels emblèmes de haute qualité.

La qualité artisanale de ces pièces était remarquable. Le chiffre et la couronne étaient généralement coulés ou estampés puis ciselés pour faire ressortir les détails fins. La dorure s'effectuait habituellement par dorure au feu avec un amalgame de mercure, un procédé produisant une surface particulièrement durable et brillante. Les “bords polis” étaient une caractéristique distinctive où les parties en relief étaient polies jusqu'à l'éclat tandis que les creux restaient dorés, créant un contraste attrayant.

Avec la fin de la Première Guerre mondiale et l'abdication de la monarchie des Hohenzollern en 1918, de tels symboles monarchiques perdirent leur signification officielle. Le Régiment de Hussards No. 7, comme toutes les autres unités de cavalerie de l'armée impériale, fut dissous. Les emblèmes et pièces d'uniforme devinrent des témoins historiques d'une époque révolue, qui sont aujourd'hui considérés comme d'importantes pièces de collection d'histoire militaire offrant un aperçu de la culture de l'uniforme et des traditions militaires de l'Empire allemand.