Signal - Édition spéciale de la “Berliner Illustrierten Zeitung” - Année 1944 Numéro I 10 (édition italienne)
Signal fut l'un des magazines de propagande les plus importants de l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Publié par l'Oberkommando der Wehrmacht (Haut Commandement des Forces Armées), le magazine parut d'avril 1940 à avril 1945. Conçu comme une édition spéciale du prestigieux Berliner Illustrierten Zeitung (Journal Illustré de Berlin), Signal se distinguait fondamentalement de son prédécesseur par son orientation internationale et sa publication multilingue.
Le magazine fut imprimé en jusqu'à 25 langues différentes, dont l'allemand, le français, l'anglais, l'italien, l'espagnol, le néerlandais, le danois, le suédois, le finnois, le turc et de nombreuses autres langues européennes et extra-européennes. L'édition italienne, comme le présent numéro 10 du volume de 1944, revêtait une importance particulière en raison du partenariat de l'Axe entre l'Allemagne et l'Italie.
La production de Signal était assurée par le Deutscher Verlag Berlin (Maison d'édition allemande de Berlin), qui dépendait du ministère de la Propagande. Le rédacteur en chef fut d'abord le Capitaine Hasso von Wedel, la direction étant ensuite confiée à d'autres officiers. Le magazine paraissait bimensuellement et atteignit un tirage de plus de 2,5 millions d'exemplaires à l'apogée de sa diffusion.
L'année 1944 marqua une phase critique de la Seconde Guerre mondiale. La Wehrmacht était sur la défensive sur tous les fronts. À l'Ouest, les Alliés préparaient l'invasion de la Normandie, qui eut lieu en juin 1944. À l'Est, l'Armée rouge repoussait continuellement les troupes allemandes. En Italie, le marché cible de cette édition, les Alliés avaient déjà débarqué en 1943, et après la chute de Mussolini en juillet 1943 et la fondation de la Repubblica Sociale Italiana (République sociale italienne) en septembre 1943, le pays était divisé.
L'édition italienne de Signal s'adressait à la fois à la population des zones du nord de l'Italie encore sous contrôle allemand et aux troupes italiennes combattant aux côtés de l'Allemagne. Le magazine tentait de renforcer la fraternité d'armes germano-italienne et de relativiser les revers militaires.
Signal se distinguait par sa qualité d'impression élevée et sa conception photographique professionnelle. Le magazine contenait de nombreuses pages en couleur, ce qui était extraordinaire pour l'époque. Des photographes et correspondants de guerre renommés tels que Hanns Hubmann, Hilmar Pabel et d'autres contribuèrent à sa qualité visuelle. Les pages couleur montraient souvent des réalisations techniques, des paysages, des portraits et des scènes de guerre soigneusement mises en scène.
L'état 2 dans l'évaluation des collectionneurs signifie que le numéro est très bien conservé, avec seulement des traces d'usure minimes. L'intégralité incluant toutes les pages couleur est particulièrement précieuse, car de nombreux exemplaires ont perdu des pages au fil des décennies ou ont été endommagés par un stockage inapproprié.
Sur le plan du contenu, Signal suivait un mélange habile de propagande et de reportage apparemment objectif. Le magazine évitait la propagande criarde de Joseph Goebbels et employait plutôt des méthodes plus subtiles : photographie esthétiquement plaisante, articles techniques sur les armes et l'équipement, reportages culturels et reportages des territoires occupés. Cette stratégie visait à rendre le magazine plus crédible que les organes de propagande évidents.
Les éditions tardives de 1944 étaient confrontées au défi de dissimuler la situation militaire de plus en plus désespérée du Reich allemand. La rédaction se concentrait de plus en plus sur les armes défensives, la prétendue supériorité de la technologie allemande et l'invocation de la volonté de persévérer. Des sujets tels que les armes V, les nouveaux modèles de chars et la défense de la Forteresse Europe dominaient le contenu.
Après la guerre, les archives de Signal furent confisquées par les Alliés. Nombre des photographies trouvèrent plus tard leur place dans des documentaires historiques, mais sans le contexte propagandiste. Aujourd'hui, les volumes complets de Signal sont d'importants documents historiques contemporains qui donnent un aperçu de la machine de propagande du Troisième Reich tout en représentant un témoignage visuel des années de guerre par leur qualité photographique.
Pour les collectionneurs et les historiens, les différentes éditions linguistiques présentent un intérêt particulier, car elles montrent comment la propagande était adaptée aux différents marchés cibles. L'édition italienne de 1944 documente les dernières tentatives de réparer propagandistiquement l'Axe brisé entre l'Allemagne et l'Italie.