Prusse Première Guerre mondiale Tunique gris de campagne M 1910 pour un Lieutenant du Régiment d'Artillerie à Pied No. 28

Pièce personnelle vers 1917. Confection en drap gris de campagne de qualité fine, la patte de boutonnage avec passepoil rouge, le col et les parements de manches avec les pattes avec passepoils noirs, boutons en laiton avec couronnes. Cousues sur les épaules les pattes d'épaule pour lieutenant avec grenades croisées et numéro d'unité "28". Intérieur avec doublure en soie de couleur olive et doublure en drap gris-olive. La doublure renouvelée plusieurs fois à l'époque mais dans une très bonne qualité artisanale. Extérieur quelque peu taché. État 2.

Le I. Bataillon du Régiment d'Artillerie à Pied No. 28 se trouvait auprès de la 303e Division d'Infanterie constituée en septembre 1917 en Roumanie. Le II. Bataillon était subordonné en 1918 à l'Arko 18 auprès de la 18e Division.
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Prusse Première Guerre mondiale Tunique gris de campagne M 1910 pour un Lieutenant du Régiment d'Artillerie à Pied No. 28

La tunique gris de campagne Modèle 1910 pour un lieutenant du Régiment d'Artillerie à Pied No. 28 représente un exemple authentique d'uniforme militaire prussien de la Première Guerre mondiale. Ce vêtement, fabriqué vers 1917, reflète l'évolution des uniformes militaires allemands, passant des uniformes colorés traditionnels du XIXe siècle aux uniformes gris de campagne plus pratiques développés pour la guerre moderne.

L'introduction du Modèle 1910 marqua un tournant important dans l'habillement militaire prussien. Suite aux expériences des conflits coloniaux et à la prise de conscience que les uniformes colorés étaient trop visibles sur le champ de bataille moderne, l'Empire allemand introduisit l'uniforme gris de campagne. Le terme “feldgrau” (gris de campagne) désigne une teinte gris-vert qui permettait un meilleur camouflage sur le terrain. Le règlement du 23 février 1910 établit les normes de ce nouvel uniforme, qui fut porté dans diverses variantes jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale.

Le Régiment d'Artillerie à Pied No. 28 était une unité importante au sein de l'armée prussienne. L'artillerie à pied se distinguait de l'artillerie montée ou hippomobile par le fait que ses canons étaient plus lourds et principalement employés dans la guerre de position. L'identification par les grenades croisées sur les pattes d'épaule était le symbole traditionnel de l'artillerie, tandis que le numéro “28” indiquait l'appartenance régimentaire spécifique.

La construction de cette tunique présente les caractéristiques typiques des uniformes d'officier de cette période. Le passepoil rouge sur le bord du col et les passepoils noirs sur le col et les parements de manche avec pattes étaient des éléments de design caractéristiques qui identifiaient le grade et l'arme. Les boutons en laiton avec couronnes indiquaient l'origine prussienne et étaient courants sur les uniformes d'officier, tandis que les soldats ordinaires portaient souvent des boutons faits de matériaux moins précieux.

Le grade de Lieutenant était le grade d'officier commissionné le plus bas dans l'armée prussienne. Les pattes d'épaule d'un lieutenant étaient marquées par des caractéristiques spécifiques qui indiquaient clairement le grade. Au cours de la Première Guerre mondiale, le rôle du lieutenant devint de plus en plus important car les pertes énormes au front nécessitaient un approvisionnement constant en jeunes officiers.

La signification historique de cette pièce est renforcée par son contexte. Le I. Bataillon du Régiment d'Artillerie à Pied No. 28 fut affecté à la 303e Division d'Infanterie en Roumanie en septembre 1917. Le front roumain était un théâtre significatif de la Première Guerre mondiale après que la Roumanie entra en guerre aux côtés des Alliés en août 1916. Après les succès roumains initiaux, les Puissances centrales conquirent de grandes parties du pays, y compris Bucarest en décembre 1916. L'occupation allemande de la Roumanie jusqu'en 1918 nécessita des ressources militaires substantielles pour sécuriser les territoires conquis et les importants champs pétrolifères.

Le II. Bataillon fut subordonné à l'Arko 18 (Commandant d'Artillerie 18) avec la 18e Division en 1918. Cette division était l'une des unités les plus établies de l'armée prussienne et combattit sur divers fronts pendant la guerre. La séparation organisationnelle des deux bataillons était typique de l'utilisation flexible des unités d'artillerie, qui pouvaient être assignées à différentes divisions selon les nécessités tactiques.

La doublure en soie de couleur olive et la doublure en drap gris-olive étaient caractéristiques des uniformes d'officier de haute qualité. Le fait que la doublure ait été renouvelée plusieurs fois indique que cette tunique fut effectivement portée en service et n'était pas simplement un uniforme de parade. De telles réparations étaient courantes pendant la guerre, car les pénuries de matériaux et la longue durée de port des uniformes rendaient nécessaires des entretiens fréquents.

La fabrication en drap gris de campagne de qualité fine indique qu'il s'agissait d'un article acheté personnellement par l'officier lui-même. Contrairement aux uniformes distribués aux soldats ordinaires, les officiers prussiens devaient acheter leurs propres uniformes, ce qui conduisait à des différences de qualité significatives. Les officiers plus aisés pouvaient s'offrir des uniformes faits de meilleurs matériaux et avec une finition plus soignée.

De telles pièces d'uniforme sont aujourd'hui des artefacts historiques importants qui nous donnent un aperçu direct de la vie et des expériences des officiers de la Première Guerre mondiale. Elles documentent non seulement les structures de grades militaires et les détails organisationnels, mais aussi la qualité artisanale et les conditions matérielles de l'époque. L'état de conservation avec un extérieur “quelque peu taché” est remarquablement bon pour un vêtement de plus de cent ans qui fut effectivement porté, et souligne la valeur historique de cet objet.