Russie tsariste grand chiffre pour patte d'épaule d'officier
L'objet présenté est une patte d'épaule (également appelée insignes d'épaulette) pour officiers de la Russie tsariste, datant d'environ 1900. Cette insigne porte le chiffre “E II” (cyrillique “Е II”), qui représente l'Empereur Nicolas II (1868-1918), qui régna sur l'Empire russe de 1894 à 1917.
Les pattes d'épaule de la fin de la période impériale étaient un élément essentiel de l'uniforme militaire et servaient à identifier le grade, le régiment et l'appartenance personnelle aux formations impériales. L'utilisation de chiffres impériaux sur les pattes d'épaule avait une longue tradition dans l'armée russe, remontant au XVIIIe siècle. Sous le Tsar Paul Ier (1796-1801), le système des pattes d'épaule fut fondamentalement réformé et standardisé, établissant fermement la tradition d'apposer des monogrammes impériaux.
L'insigne décrit ici, réalisé en métal argenté d'une hauteur de 50 mm avec quatre goupilles de fixation au revers, correspond aux normes de fabrication typiques du tournant du siècle. Le chiffre “E II” (en alphabet cyrillique Император Николай II - Imperator Nikolaj II) était particulièrement répandu pendant le règne de Nicolas II et était apposé sur diverses parties d'uniformes des régiments de la Garde et de ligne.
Les uniformes d'officiers de la Russie tsariste étaient régis par des règlements stricts. Les règlements d'uniformes les plus importants furent renouvelés en 1881 sous le Tsar Alexandre III et modifiés plusieurs fois sous Nicolas II, notamment en 1907 et 1912. Ces règlements spécifiaient précisément quels régiments et unités avaient le droit de porter le chiffre impérial. Particulièrement les régiments de la Garde et les unités sous le patronage personnel du Tsar portaient ces insignes honorifiques.
La fabrication de telles insignes était effectuée par des fabriques spécialisées en fournitures militaires, principalement à Saint-Pétersbourg et Moscou. Des fabricants renommés comprenaient des entreprises comme Karl Edler, Keibel et d'autres, qui produisaient tant pour les besoins officiels de l'État que pour le marché privé, car les officiers devaient souvent se procurer leurs uniformes et insignes à leurs propres frais.
L'exécution technique avec quatre goupilles de fixation était caractéristique des insignes plus grandes qui étaient fixées sur les pattes d'épaule rigides des uniformes de parade. Le plaquage argenté du métal de base servait non seulement des objectifs esthétiques mais aussi la protection contre la corrosion et correspondait aux prescriptions de couleur pour certaines armes et régiments. Les métaux de couleur argent étaient typiquement associés à l'infanterie et à certaines unités de la Garde.
Le contexte historique de cette époque est d'une importance particulière. Le règne de Nicolas II fut marqué par des tensions internes, la Révolution de 1905, la malheureuse Guerre russo-japonaise (1904-1905) et finalement la Première Guerre mondiale (1914-1918), qui conduisit à l'effondrement du régime tsariste. L'armée russe de cette période était l'une des plus grandes au monde avec plusieurs millions de soldats, et les insignes de cette période représentent le dernier épanouissement de la tradition militaire impériale.
De tels objets sont aujourd'hui d'importants documents historico-militaires qui donnent un aperçu des pratiques d'uniformisation, des techniques de fabrication et de la représentation symbolique du pouvoir monarchique dans le dernier Empire tsariste. L'état de conservation 2 indique une pièce bien conservée avec de légères traces d'usage, ce qui est très positif pour des objets de cet âge et de cette importance historique.
Après la Révolution de Février 1917 et surtout après la Révolution d'Octobre, toutes les insignes et symboles tsaristes furent systématiquement abolis et remplacés par des emblèmes soviétiques, faisant des pièces authentiques de la période tsariste des reliques historiques significatives.