Prusse Grand Plateau de Service Ovale Argenté ou Plat à Viande Provenant de la Propriété du Régiment d'Infanterie “Bremen” (1er Hanséatique) No. 75

Deux monogrammes gravés sur le bord supérieur, dimensions environ 72 x 53 cm, monogramme avec petit défaut, état 2.
277635
280,00

Prusse Grand Plateau de Service Ovale Argenté ou Plat à Viande Provenant de la Propriété du Régiment d'Infanterie “Bremen” (1er Hanséatique) No. 75

Ce grand plateau de service ovale argenté provenant de la possession du Régiment d'infanterie “Bremen” (1er Hanséatique) No. 75 représente un témoignage significatif de la culture militaire prussienne de l'Empire allemand et des sociétés d'officiers qui lui étaient associées. Ces magnifiques pièces d'argenterie de table faisaient partie intégrante de la vie sociale dans les mess des officiers de l'armée allemande et servaient non seulement à des fins pratiques, mais symbolisaient également la tradition, l'esprit de corps et la position sociale de l'élite militaire.

Le Régiment d'infanterie “Bremen” No. 75 fut créé le 1er octobre 1866 à Brême et constituait l'un des trois régiments d'infanterie hanséatiques de l'armée prussienne. Après la guerre des Duchés et la guerre austro-prussienne de 1866, les contingents hanséatiques furent intégrés dans l'armée prussienne. Le régiment portait la désignation “1er Hanséatique” et était en garnison dans la ville hanséatique de Brême, ce qui lui conférait une position particulière dans la société locale.

La création du régiment s'inscrivait dans le contexte de la réforme de l'armée après la fondation de l'Empire. Le régiment se composait initialement de trois bataillons et fut plus tard élargi pour inclure un quatrième. Les troupes étaient recrutées principalement à Brême et dans la région environnante de Basse-Saxe. Le régiment participa à la guerre franco-prussienne de 1870-71 et combattit dans plusieurs batailles importantes, notamment à Beaumont et Sedan. Pour ses exploits, le régiment fut honoré de diverses distinctions.

Le corps des officiers du régiment entretenait, comme c'était d'usage dans l'armée prussienne, une culture de mess prononcée. Le casino des officiers n'était pas seulement un lieu de restauration, mais avant tout un centre social où la tradition était cultivée, la camaraderie encouragée et les expériences militaires échangées. L'aménagement de ces casinos correspondait souvent aux besoins de représentation des régiments respectifs et comprenait des meubles précieux, des peintures, de la porcelaine et bien sûr de l'argenterie de table.

Les plats de service argentés et les plateaux comme cet exemplaire, avec ses dimensions considérables d'environ 72 x 53 centimètres, étaient utilisés lors d'occasions festives telles que les célébrations régimentaires, les réunions d'officiers ou les réceptions en l'honneur d'invités de haut rang. Les deux monogrammes gravés sur le bord supérieur pourraient indiquer des donateurs ou des personnalités importantes du régiment, peut-être d'anciens commandants ou des officiers méritants. De tels objets personnalisés documentent le lien étroit entre les officiers et leur unité militaire.

L'utilisation de matériau argenté plutôt que d'argent massif était assez courante et permettait d'acquérir des services de table représentatifs à des coûts plus abordables. La technique d'argenture était très développée au XIXe siècle, et les pièces de qualité pouvaient conserver leur éclat pendant des décennies. La qualité artisanale de tels objets témoigne de l'importance accordée à la représentation conforme au rang.

Pendant la Première Guerre mondiale, le Régiment d'infanterie No. 75 subit de lourdes pertes. Le régiment combattit sur différents fronts, d'abord à l'Ouest, puis également à l'Est. Comme beaucoup d'autres régiments, il fut plusieurs fois renforcé et réorganisé. Après la défaite allemande de 1918 et la dissolution de l'armée impériale conformément aux dispositions du Traité de Versailles, le régiment fut dissous. Le maintien de la tradition fut ensuite poursuivi par diverses associations d'anciens combattants.

Le sort de la propriété régimentaire après 1918 fut varié. De nombreux objets de valeur provenant des mess des officiers passèrent en propriété privée, furent conservés par des associations traditionnelles ou aboutirent dans des musées. L'argenterie de table et d'autres objets représentatifs documentent aujourd'hui la culture matérielle de l'armée prusso-allemande et constituent des sources importantes pour l'histoire militaire et culturelle.

Ce plateau de service n'est pas seulement un objet artisanal, mais un témoignage historique de la tradition militaire prussienne, de l'identité hanséatique de Brême et des structures sociales de l'Empire allemand. Il rappelle une époque où l'honneur militaire, la camaraderie et la tradition représentaient des valeurs centrales et trouvaient leur expression visible dans des témoignages matériels. Pour les collectionneurs et les historiens, il représente une pièce authentique de l'histoire militaire allemande d'une valeur documentaire et culturelle considérable.