Agrafe de répétition 1939 pour la Croix de Fer 2e Classe 1914
La Barrette de répétition de 1939 pour la Croix de Fer de 2e classe de 1914 représente un chapitre important de l'histoire des décorations militaires allemandes. Cette barrette fut instituée par Adolf Hitler le 1er septembre 1939, jour de l'invasion de la Pologne, par décret officiel. Elle formait un pont entre deux guerres mondiales, honorant les soldats qui avaient déjà reçu la Croix de Fer pendant la Première Guerre mondiale et combattaient à nouveau pendant la Seconde Guerre mondiale.
La Croix de Fer elle-même était l'une des décorations militaires allemandes les plus célèbres, instituée à l'origine en 1813 par le roi Friedrich Wilhelm III de Prusse pendant les guerres de libération contre Napoléon. Après la Première Guerre mondiale, les attributions furent interrompues, et avec le début de la Seconde Guerre mondiale, il fallut trouver une solution pour honorer à nouveau les porteurs de la Croix de Fer de 1914.
La Barrette de répétition était une solution élégante à ce problème. Au lieu d'attribuer la Croix de Fer une seconde fois, une barrette fut créée pour être portée sur le ruban de la décoration originale. La barrette consistait en un aigle de couleur argentée aux ailes déployées, tenant une croix gammée dans ses serres, flanqué des années 1939 à gauche et 1914 à droite. Cette conception symbolisait la continuité entre les deux conflits du point de vue national-socialiste.
La production de ces barrettes s'effectuait dans différents matériaux et par de nombreux fabricants. Cet exemplaire particulier fut fabriqué en zinc fin, un matériau utilisé plus fréquemment surtout dans les dernières années de guerre en raison de la pénurie de métaux. Les premiers exemplaires étaient souvent fabriqués en argent ou en matériau argenté, mais à mesure que la guerre progressait, des métaux de substitution étaient de plus en plus utilisés. La barrette était portée avec le ruban original de la Croix de Fer de 2e classe, un ruban noir et blanc.
Les critères d'attribution étaient clairement réglementés : le récipiendaire devait déjà être porteur de la Croix de Fer de 2e classe de 1914 et avoir à nouveau accompli un acte digne de reconnaissance. Fait intéressant, le seuil d'attribution de la barrette était souvent plus bas que pour l'attribution originale de la croix, car l'expérience et l'âge des vétérans étaient pris en compte. Beaucoup de ces hommes avaient déjà plus de 40 ans et servaient souvent dans des fonctions d'état-major ou dans la défense territoriale.
La barrette avait également une fonction symbolique importante dans le régime nazi. Elle devait établir un pont entre la Wehrmacht et les vétérans de l'Armée impériale et souligner la prétendue continuité historique du militarisme allemand. Pour les porteurs eux-mêmes, la barrette était souvent une source de fierté, car elle documentait leur lien de plusieurs décennies avec l'armée.
Techniquement parlant, la barrette était fixée par une petite boucle à l'arrière qui permettait de la glisser sur le ruban. Les dimensions mesuraient généralement environ 26-28 mm de largeur et 11-13 mm de hauteur. Les détails de l'estampage variaient selon le fabricant, certaines barrettes étant très finement travaillées, tandis que d'autres, en particulier les productions de guerre tardives, présentaient des détails plus grossiers.
Après le 8 mai 1945 et la capitulation sans condition de l'Allemagne, le port de toutes les décorations avec symboles nationaux-socialistes fut interdit par les Alliés. La Barrette de répétition avec sa croix gammée tombait clairement sous cette interdiction. En République fédérale d'Allemagne, la loi sur les ordres de 1957 permettait le port de décorations historiques uniquement sous forme dénazifiée, ce qui signifiait que la Barrette de répétition ne pouvait plus être portée.
Aujourd'hui, ces barrettes sont des objets de collections et musées d'histoire militaire. Elles documentent un chapitre complexe de l'histoire allemande et l'instrumentalisation des traditions militaires par le régime nazi. Pour les historiens et collectionneurs, elles sont d'importants témoignages des pratiques de décoration du Troisième Reich et de l'utilisation des matériaux pendant la guerre.