Casque prussien pour officiers du Régiment Garde du Corps, ou Garde-Kürassier-Regiment

Élégant casque vers 1910. La bombe en tôle de tombac dorée avec garnitures argentées. Comme plaque de casque, la grande étoile de la Garde en argent avec médaillon finement émaillé, une petite fissure dans l'émail blanc. Jugulaires à écailles bombées dorées fixées sur des trèfles. Des deux côtés avec les grandes cocardes d'officier, visière avant étagée. Complet avec aigle de parade particulièrement beau en argent véritable, couronne royale dorée. Intérieur avec bandeau de front en cuir brun avec passage en ruban de soie blanche, doublure en soie blanche. La visière avant garnie de cuir brun, le couvre-nuque avec velours noir. Le casque est porté, la bombe renforcée à l'arrière avec soudure tendre, la doublure avec traces d'usage et de vieillissement typiques. État 2.
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Casque d’officier prussien (Kürassierhelm) Modèle 1889 pour le Régiment Garde du Corps ou le Garde-Kürassier-Regiment

Parmi les coiffures militaires de l’époque impériale allemande, peu peuvent rivaliser avec le magnifique casque de cuirassier en tombac porté par les officiers du Régiment der Gardes du Corps et du Garde-Kürassier-Regiment. Ce casque d’officier du Modèle 1889 représente l’apogée de l’apparat militaire prussien, alliant les matériaux les plus nobles et un savoir-faire exceptionnel à la symbolique profonde de deux des régiments de cavalerie les plus prestigieux au service du roi de Prusse et de l’empereur allemand.

Les régiments : Garde du Corps et Garde-Kürassier-Regiment

Le Régiment der Gardes du Corps était le régiment de cuirassiers de la garde royale du roi de Prusse et, après 1871, de l’empereur allemand (le Kaiser). L’unité fut fondée en 1740 par Frédéric le Grand, et le monarque régnant en était le colonel honoraire. Stationné à Potsdam, le régiment sélectionnait hommes et chevaux parmi les meilleurs. Fait unique au sein de l’armée impériale allemande après l’unification de 1871, le Garde du Corps était recruté à l’échelle nationale et faisait partie de la 1ère Division de cavalerie de la Garde.

Le Garde-Kürassier-Regiment possédait une lignée quelque peu différente. Formé en 1815 comme régiment d’uhlans (lanciers), il fut réorganisé en unité de cuirassiers en 1821. Stationné à Berlin, le régiment faisait également partie de la Division de cavalerie de la Garde. Il participa à la Guerre des Duchés, la Guerre austro-prussienne, la Guerre franco-prussienne et la Première Guerre mondiale. Durant les premières phases de la Grande Guerre, le régiment combattit en Belgique et sur l’Aisne, puis à partir de l’été 1915 sur le front oriental — en Pologne, en Lettonie et en Ukraine.

Les deux régiments servaient de garde personnelle au roi de Prusse et à l’empereur allemand. Ils portaient des casques en tombac identiques avec des garnitures argentées et l’étoile de la Garde, ce qui explique pourquoi l’attribution entre les deux régiments peut être ambiguë sans provenance complémentaire.

Construction et conception

Le casque d’officier du Modèle 1889 (également désigné Modèle 1889–1899 dans certaines sources) représente le modèle de la fin de la période impériale, utilisé jusqu’à la Première Guerre mondiale. Le corps du casque est en tombac, un alliage de cuivre et de zinc, doré à l’extérieur. Les garnitures sont nickelées (argentées). La bombe légère présente une visière avant à gradins avec des bordures, rivets et montages argentés. Le casque comporte également un protège-nuque articulé en queue de homard à construction segmentée en trois pièces, caractéristique des casques de cuirassiers prussiens.

À l’avant du casque est fixée une plaque en étoile de la Garde argentée de construction multi-pièces. En son centre se trouve un motif émaillé de l’Ordre de l’Aigle noir. Au-dessus de l’aigle figure la devise “SUUM CUIQUE” (“À chacun son dû”) en métal doré, et en dessous une couronne de feuilles de laurier émaillées, le tout sur un fond d’émail blanc circulaire.

Les jugulaires sont convexes et dorées, fixées au casque par des rosettes en feuille de trèfle dorées de qualité officier, posées sur les cocardes du Reich et de l’État.

L’aigle de parade

L’élément le plus spectaculaire de ce casque est sans doute l’aigle de parade amovible. Ce grand aigle argenté, finement ciselé, avec sa couronne dorée vissée, était porté pour toutes les occasions nécessitant la grande tenue. Pour le service en campagne et toutes les autres occasions, l’aigle était retiré et remplacé par une pointe. Le régiment portait un uniforme blanc de cuirassier avec des distinctions spéciales en grande tenue, notamment une tunique rouge pour les officiers en tenue de cour. L’aigle en métal blanc, semblant prêt à s’envoler du casque de bronze sur lequel il reposait, constituait l’un des éléments visuels les plus saisissants de tout uniforme impérial allemand.

Détails intérieurs

L’intérieur du casque est équipé d’un bandeau de cuir brun et d’une doublure en soie blanche. Le protège-nuque est doublé de velours noir.

Contexte historique

Ce type de casque, datant d’environ 1900, représente l’apogée de l’apparat militaire prussien impérial, porté sous le règne de Guillaume II (1888–1918). Le Garde du Corps et le Garde-Kürassier-Regiment occupaient le sommet même de la hiérarchie militaire prussienne, et leur équipement reflétait ce statut éminent par l’utilisation de matériaux précieux et une exécution exceptionnelle.

Fin et héritage

Le 10 décembre 1918, le régiment défila à travers la Porte de Brandebourg à Berlin, où la démobilisation commença ensuite. Pour réprimer les troubles à Berlin, trois escadrons de volontaires furent formés à partir des restes de l’unité. Le régiment fut dissous en septembre 1919. Après le Traité de Versailles et la dissolution de l’armée impériale allemande, ces casques devinrent des artefacts historiques et des pièces de collection prisées. La tradition fut préservée dans la Reichswehr puis dans la Wehrmacht sous une forme modifiée.

Pour le collectionneur d’aujourd’hui, ce casque de cuirassier Modèle 1889 constitue l’un des témoignages les plus impressionnants de la tradition cavalière prussienne — un objet où artisanat, hiérarchie militaire et représentation impériale convergent de manière extraordinaire.

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