Royaume de Hannover Ordre des Guelfes Plaque de Grand-Croix avec Épées

Il s'agit d'une pièce de taille réduite, vers 1830/40. Le corps de l'étoile massif fabriqué en argent, le médaillon et les épées rapportées en or, le médaillon lui-même fabriqué d'une seule pièce avec la devise, peinture émaillée de la plus grande finesse, la devise en or, entourée de la couronne de laurier. Au revers avec fine épingle en or, les épées rivetées en quatre points. Hauteur totale 60 mm. Seulement légèrement porté dans un état absolument merveilleux. Une pièce historique unique, aucune autre pièce dans cette exécution ne nous est connue.

Cette pièce est illustrée dans l'ouvrage de référence “Orden 1700-2000” de Karsten Klingbeil, tome 1, page 211, n° 641.
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12.000,00

Royaume de Hannover Ordre des Guelfes Plaque de Grand-Croix avec Épées

L'Ordre Royal Guelfe du Royaume de Hanovre compte parmi les ordres allemands les plus importants du XIXe siècle et représente l'histoire politique complexe de la Maison de Hanovre. Cette magnifique plaque de Grand-Croix avec épées de taille réduite datant d'environ 1830/40 constitue un témoignage extraordinaire de l'orfèvrerie de cour et de la tradition des décorations militaires.

L'Ordre Guelfe fut institué le 28 avril 1815 par le Prince Régent George, futur roi George IV de Grande-Bretagne et de Hanovre. La fondation de l'ordre intervint durant une période de réorganisation politique fondamentale de l'Europe après les guerres napoléoniennes et le Congrès de Vienne. Le Royaume de Hanovre, uni à la Couronne britannique par union personnelle, reçut avec cette décoration un instrument important pour récompenser les services rendus à l'État et à la dynastie.

Le nom “Guelfe” fait référence à l'ancienne Maison italienne des Welf (italien: Guelfi), dont descendait la Maison de Hanovre. Cette connexion dynastique remonte au XIIe siècle et symbolise la ligne de succession légitime des rois hanovriens. Le choix de ce nom historique soulignait la prétention à une tradition séculaire de pouvoir princier européen.

L'exemplaire présent montre les caractéristiques typiques de la Grand-Croix avec épées, le grade militaire le plus élevé de l'ordre. Les épées ajoutées à l'étoile de l'ordre désignaient les récompenses pour mérites militaires, tandis que la version sans épées était conférée pour des services civils. Cette différenciation était typique du système d'ordres européen du XIXe siècle et permettait une gradation précise des honneurs.

Le corps de l'étoile en argent massif avec le médaillon doré et les épées dorées appliquées représente le plus haut niveau d'artisanat. Le médaillon central porte la devise de l'ordre, exécutée dans l'émail le plus fin et entourée d'une couronne de laurier. Le laurier, symbole de victoire et d'honneur depuis l'Antiquité, souligne le caractère militaire de cette décoration. Le rivetage quadruple des épées démontre la solidité de l'exécution artisanale, conçue pour assurer une durabilité au port.

Particulièrement remarquable est la taille réduite de cette plaque avec une hauteur totale de seulement 60 mm. Ces versions miniaturisées étaient typiquement produites comme “versions de garde” ou pour l'usage quotidien. Alors que les versions de parade officielles étaient nettement plus grandes et portées lors d'occasions cérémonielles, les versions réduites permettaient le port de la décoration dans la vie militaire quotidienne ou lors d'occasions moins formelles. Cela était particulièrement important pour les officiers en service actif qui souhaitaient arborer leurs ordres même en service de campagne.

La datation vers 1830/40 correspond à une période significative de l'histoire hanovrienne. Après la mort de Guillaume IV de Grande-Bretagne en 1837, l'union personnelle entre la Grande-Bretagne et le Hanovre prit fin en raison de la loi salique en vigueur dans le Royaume de Hanovre, qui excluait la succession féminine. Ernest-Auguste Ier monta sur le trône hanovrien comme roi séparé, donnant au royaume une position plus indépendante. Durant cette période, les ordres comme l'Ordre Guelfe furent de plus en plus utilisés pour consolider l'autorité royale et lier l'armée et la noblesse à la dynastie.

L'Ordre Guelfe était divisé en plusieurs classes: La Grand-Croix formait le grade le plus élevé, suivie du Grand Commandeur, Commandeur et Chevalier. Chaque classe avait ses modes de port et insignes spécifiques. La Grand-Croix se portait sur une large écharpe, complétée par la plaque présentée ici, qui était attachée sur le côté gauche de la poitrine. La fine aiguille dorée au revers servait cette fixation à l'uniforme.

La peinture sur émail la plus fine sur le médaillon démontre le haut niveau artistique des orfèvres contemporains. La technique de l'émail, dans laquelle du verre coloré est fusionné avec le métal à hautes températures, exigeait le plus haut niveau d'artisanat. Seuls quelques ateliers à Hanovre et dans les villes de résidence environnantes possédaient l'expertise nécessaire pour un travail aussi exigeant.

La fin du Royaume de Hanovre arriva avec l'annexion par la Prusse en 1866 suite à la guerre allemande. Le roi George V, qui avait combattu du côté autrichien, fut contraint à l'exil. L'Ordre Guelfe fut par la suite maintenu par la Maison de Hanovre en exil et existe aujourd'hui comme ordre dynastique des Welf. Cela fait des exemplaires historiques comme celui-ci d'importants témoignages d'un royaume disparu.

L'état de conservation extraordinaire de cette pièce et sa mention dans la littérature spécialisée soulignent son importance historique et sa valeur de collection. En tant que pièce unique dans cette exécution spécifique, elle représente non seulement la plus haute qualité artisanale mais aussi un chapitre important de l'histoire allemande et européenne.