Prusse Cordon de Tir 7e Classe pour Infanterie

Vers 1900. Cordon tressé aux “couleurs impériales”. Complet avec application dorée portant le chiffre “WII” et 2 glands pendants. Légèrement porté, état 2.
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550,00

Prusse Cordon de Tir 7e Classe pour Infanterie

La fourragère de tir prussienne (Schützenschnur) représente l'un des systèmes de distinction les plus marquants de l'Empire allemand et incarne la tradition prussienne de formation au tir et d'évaluation des performances militaires. L'exemplaire décrit ici, une fourragère de tir de 7e niveau pour l'infanterie datant d'environ 1900, témoigne d'un niveau de compétence au tir exceptionnellement élevé et figurait parmi les distinctions les plus rares de l'armée impériale.

L'institution de la fourragère de tir fut introduite en Prusse en 1895 par un ordre de cabinet impérial de l'empereur Guillaume II. Cette réforme du système de distinctions militaires visait à promouvoir systématiquement l'adresse au tir des troupes tout en honorant de manière visible les meilleurs tireurs. L'attribution se faisait selon des critères strictement réglementés, définis dans les règlements de service correspondants.

La fourragère de tir était décernée en douze niveaux, chaque niveau représentant une amélioration de la performance de tir. Le 7e niveau présenté ici signifiait déjà une performance très remarquable qui ne pouvait être atteinte que par des tireurs supérieurs à la moyenne. Pour obtenir ce niveau, un soldat devait constamment obtenir des scores élevés lors des exercices de tir annuels pendant plusieurs années.

La conception de la fourragère de tir suivait des spécifications fixes : elle consistait en une cordelette tressée aux couleurs impériales noir-blanc-rouge, symbolisant la fierté nationale et l'appartenance à l'Empire allemand. La fourragère était portée sur l'épaule droite de la tunique et descendait vers la poche gauche de la poitrine, où elle était fixée par une plaque métallique.

Particulièrement significative est la plaque dorée portant le chiffre “WII”, qui représente l'empereur Guillaume II (1888-1918). Ce chiffre royal se trouvait sur presque tous les équipements et distinctions militaires de l'ère wilhelminienne et documente le lien personnel entre le monarque et son armée. L'utilisation de la version dorée indique la nature officielle de cette distinction.

Les deux glands pendants sont caractéristiques de la fourragère de tir et servaient des fonctions à la fois décoratives et pratiques. Le nombre et la conception des glands variaient selon le niveau de la fourragère. Ils étaient généralement fabriqués en métal doré et enveloppés de fils métalliques.

L'attribution de la fourragère de tir était soumise à des conditions strictes. Les soldats devaient participer chaque année à des exercices de tir obligatoires, au cours desquels ils tiraient sur diverses distances et types de cibles. Les points obtenus étaient soigneusement documentés. Seuls ceux qui délivraient constamment de hautes performances sur plusieurs années pouvaient accéder aux niveaux supérieurs. Le 7e niveau nécessitait généralement au moins sept ans de participation réussie aux exercices de tir avec des résultats supérieurs à la moyenne.

Pour l'infanterie, l'arme à laquelle appartient cette pièce, la formation au tir revêtait une importance particulière. En tant que principaux acteurs des opérations de combat, les fantassins devaient maîtriser le fusil Gewehr 88 et plus tard le Gewehr 98. La fourragère de tir servait non seulement de décoration mais aussi d'incitation pour l'ensemble de la troupe.

La période autour de 1900 était une époque d'armement intensif et de modernisation militaire dans l'Empire allemand. L'armée était constamment agrandie et le développement technique des armes progressait rapidement. Dans ce contexte, la formation systématique des soldats gagnait en importance. La fourragère de tir faisait partie d'un système complet de motivation à la performance et d'assurance qualité dans l'armée impériale.

L'état de conservation de cet exemplaire est décrit comme “légèrement porté”, ce qui suggère qu'il a effectivement été utilisé en service et non simplement conservé à des fins de parade. Cela confère à la pièce un caractère historique authentique et documente la pratique militaire réelle de l'époque.

Après la fin de la Première Guerre mondiale et la chute de la monarchie en 1918, la fourragère de tir perdit sa signification officielle. Le système ne fut pas poursuivi dans la Reichswehr de la République de Weimar, faisant de la fourragère de tir prussienne une relique historique de l'ère impériale. Aujourd'hui, les exemplaires bien conservés, en particulier des niveaux supérieurs, sont des objets de collection recherchés qui représentent d'importants témoignages de l'histoire militaire allemande.

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